Mon Yom Kippour

Je détestais la sensation d'avoir faim et soif et de ne pas pouvoir me brosser les dents. Mon inconfort n'a certainement pas rendu ma prière plus significative pour moi...

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Pinney Wolman

Posté sur 21.09.20

Jusqu'à récemment, Yom Kippour a toujours été une journée troublante et déroutante pour moi. Il y a quelques concepts que je ne comprends tout simplement pas. Tout d'abord, un jour de l'année, Hachem nous demande de nous affliger et nous passons la journée dans la prière. En échange, nous obtenons le pardon de tous nos méfaits, à condition d'avoir fait un vrai repentir et d'avoir le désir de faire mieux et d'aller de l'avant. Je détestais la sensation d'avoir faim et soif et de ne pas pouvoir me brosser les dents. Mon malaise ne rendait certainement pas ma prière plus significative pour moi. Je sais qu'un jour de souffrance est un bon compromis, mais le Rav Arouch enseigne quand même qu’Hachem ne veut pas que nous souffrions du tout. De plus, même si je fais Techouva tous les jours comme l'enseigne Rabbi Nach'man, je dois encore observer les rigueurs de Yom Kippour.

 

Le deuxième concept avec lequel j'ai du mal est d'atteindre le niveau des anges à Yom Kippour. Il y a une coutume de porter des vêtements blancs. Dans la prière du Shéma, nous prononçons la phrase « Barouch’ Chem …» (Béni soit le Nom…) à voix haute plutôt que dans un murmure : les Sages enseignent que les Anges font cela au Ciel lorsqu'ils louent Hachem. La pensée classique est qu'à Yom Kippour, entre le pardon, la prière, les vêtements blancs, les afflictions de ne pas manger, de ne pas boire, de ne pas s'engager dans des relations conjugales et de ne pas porter des chaussures confortables, nous avons atteint le niveau des Anges ! A ce moment, nous sommes tellement saints ! Mon problème est que nous prions pour le pardon jusqu'au tout dernier moment de Yom Kippour et ALORS, nous pouvons supposer que nous avons été pardonnés par Hachem. Si c'est le cas, nous ne sommes pas libérés de tout pêché comme les anges avant la fin, c’est-a-dire APRÈS Yom Kippour! Nous devrions donc dire « Barouch’ Chem …» à haute voix lors du premier Maariv (prière du soir) après la fin de Yom Kippour ! Alors que se passe-t-il ? Pourquoi agissons-nous comme des anges?

 

Le troisième concept avec lequel j'ai du mal est la prière excessive pour le pardon. On m'a enseigné a la Yechiva que mes prières ont le pouvoir de changer les décrets célestes et de m'inscrire dans le livre de la vie.

 

Pendant tous les Slihotes (prières pour le pardon), j'imaginais Hachem au paradis tel Jerry Lewis au Téléthon : debout devant un panneau d'affichage avec un thermomètre qui se remplit lentement, en disant : « Allez ! Encore quelques prières, vous atteindrez le sommet de mon compteur de pardon et je pourrai vous pardonner, vous et tous les Juifs ! » Qu'en est-il de toutes les autres personnes qui ne célèbrent pas Yom Kippour ? Et de ceux qui ne prient pas vraiment la plupart du temps? Je ne les vois jamais tous mourir. Quel est le véritable but de toute cette prière ?

 

J’aimerais suggérer que le but principal de Yom Kippour est d'être un jour de pardon pour les Juifs, pour eux-mêmes ! Comme l'enseigne Rav Arouch, les gens souffrent constamment de perfectionnisme et d'auto-persécution. Ils s’en veulent de ne pas être parfaits ; ils pensent qu'Hachem veut la perfection de leur part. Ce qui est pire, c'est qu'ils ne croient pas qu'Hachem les aime et leur pardonne de toute façon ! Hachem savait que cela faisait partie intégrante de notre nature, alors Il nous a donné Yom Kippour. C'est comme Il a dit : « Vous pensez que j'attends de vous que vous soyez parfaits comme des anges ? OK, essayez cela pendant un jour. Ne mangez pas, ne buvez pas, abstenez-vous des relations conjugales, ne portez pas de chaussures confortables. Nos Sages ont ajouté à cela les vêtements blancs et le « Barouch’ Chem …» à voix haute. Quelle devrait être notre conclusion en pratiquant cet exercice une fois par an ?

 

Il n'est pas possible que nous soyons des anges ! Si nous ne mangions ni ne buvions, nous mourrions. Même un seul jour de jeûne est extrêmement inconfortable, parfois même après le premier repas de récupération. Je connais des gens qui vomissent après ce repas à la fin du jeûne. Chaque année ! Si l’on n’avait jamais ucune relation conjugale ? Il n'y aurait plus personne au monde ! Pas de chaussures confortables ? Les anges n'ont pas de pieds, mais nous en avons ! Tout cela pour nous montrer qu’Hachem ne s'attend pas à ce que nous soyons des anges.

 

Qu'en est-il de l'auto-persécution et de la question de savoir si Hachem nous pardonne vraiment ? Eh bien, Il a déclaré dans la Torah que Yom Kippour fournit l'expiation, mais qu'en est-il de ces choses VRAIMENT, VRAIMENT terribles que nous avons faites ? Comment Hachem pourrait-il nous pardonner ces choses ? La réponse est dans la prière que Ch’azal (Nos Sages) ont choisie pour nous et que nous récitons tout au long de cette journée. Nous récitons les treize attributs de la miséricorde, tout comme Moïse l'a fait après le pêché des explorateurs.

 

D'où Moïse a-t-il tiré cette prière ? Hachem la lui a dévoilée après le désordre royal qui a suivi le pêché du veau d'or ! Vous parlez de la pire erreur de tous les temps ! Ici, les Juifs venaient de recevoir la Torah, Hachem venait de leur dire que la plus grande interdiction était l'idolâtrie et que font-ils ?! Ils vont adorer le veau d'or ! Et devinez quoi ? Hachem leur a quand même pardonné ! C'est l'argument logique classique : si Hachem a pu pardonner aux Juifs le veau d'or, Il pourra sûrement me pardonner, même les pires choses que j'ai faites. Je suggérerai que c'est même ce pourquoi Hachem a choisi de leur pardonner le jour même de Yom Kippour !

De plus, qu'y a-t-il d'autre dans les Slih’otes juste après les treize attributs ? La réponse d’Hachem à Moïse : « J'ai pardonné selon ta parole. » La réponse d’Hachem n'est-elle pas curieuse ? N'aurait-Il pas dû dire « Je pardonne selon ta parole ? » Pourquoi au passé ? Hachem enseignait à Moïse (et à nous, à travers la Torah) qu'Il nous pardonne TOUJOURS, en fait, Il nous a déjà pardonné avant même que nous ayons dit « désolé, nous ferons plus d'efforts ». C'est nous qui devons nous pardonner. Lorsque nous prions Hachem et demandons Son pardon, c'est pour que nous réalisions qu'Il nous a déjà pardonné ; et que nous devons maintenant nous pardonner.

Cette compréhension de Yom Kippour m'a aidé à trouver plus de sens et d'enthousiasme à l’approche de ce jour. Je n'aime toujours pas la partie « affliction » mais j’y trouve un meilleur but. Et j'ai appris à me pardonner.

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