Un nouveau chemin – Émor

Notre niveau spirituel a changé. Peut-on dire pour autant que nous ne disposons plus de moyens pour réparer le passé et nous rapprocher de D-ieu ? Évidemment non!

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le rabbin Éliyahou Haviv

Posté sur 03.05.09

 Bœuf ou agneau, le père et son fils vous ne les abattrez pas le même jour.” (Vayiqra 22- 28).

Rabbi Na’hman de Breslev enseigne que l’abattage rituel (ché’hita) fait allusion à la téchouva (au repentir) de l’homme. En effet, quand on abat une bête selon la loi, on libère l’âme qui était contenue dans cet animal et elle obtient sa réparation.

De la même manière, la téchouva consiste à abandonner nos mauvais comportements et l’aspect bestial de notre personnalité, symbolisé par la mort de l’animal. On libère alors son âme en lui donnant priorité dans nos décisions et actions.
 
Une fois ce principe énoncé, posons-nous la question suivante : pourquoi est-il interdit d’abattre le même jour un animal et son enfant ? RabbiNathan de Breslev, le principal élève de Rabbénou a levé cette interrogation. Il nous enseigne que l’animal et sa progéniture font allusion à deux générations différentes.
 
L’histoire du peuple juif se décompose en générations. Il s’agit de périodes déterminées, irrégulières en nombre d’années, pendant lesquelles nous avons vécu une situation particulière de notre histoire, par exemple la période des Rois, des Juges, la domination grecque, l’Inquisition, etc. À chaque époque, le peuple juif devait effectuer une certaine réparation spirituelle, dans son intérêt et celui du monde entier.
 
Quand la mission est remplie – et cela peut prendre parfois plusieurs siècles, comme ce fut le cas en Égypte – nous passons à une nouvelle génération avec de nouveaux enjeux, de nouveaux ennemis et le besoin de nouvelles solutions pour gagner la bataille.
 
C’est pourquoi il faut rester attaché aux Tsadiqim de la génération qui comprennent parfaitement les nouvelles règles du “jeu”. C’est ce que veut nous faire comprendre la Tora quand elle nous interdit d’abattre rituellement un animal et son enfant le même jour, pour nous enseigner que notre type de dévotion ne peut pas être identique d’une génération à l’autre (la che’hita correspondant à un type de téchouva propre à la génération).
 
Aujourd’hui, il n’est pas possible de servir D-ieu comme on le servait il y a 500 ans. Donnons un exemple, le Min’hath Chmouël affirme : “J’ai reçu de mes maitres – et en particulier de mon maitre Rabbi ‘Haïm de Volozhine – qu’à notre époque les discours durs ne sont pas efficaces. Il faut seulement s’exprimer envers le public de manière douce et positive” (Min’hath Chmouel, 10).
 
Il y a encore quelques siècles, quand un Rav faisait un discours basé sur la crainte et la punition, l’assemblée se repentait immédiatement, mais aujourd’hui de telles paroles révoltent ou découragent la majorité d’entre nous. À l’époque du Arizal, celui qui avait fauté recevait une réparation par l’intermédiaire de longs jeûnes et de mortifications que pratiquement plus personne ne peut supporter aujourd’hui.
 
C’est pourquoi de telles pratiques sont absolument déconseillées pour notre génération depuis l’époque du Ba’al Chem Tov, car notre niveau spirituel a énormément changé. Peut-on dire pour autant que nous ne disposons plus de moyens pour réparer le passé et nous rapprocher authentiquement de D-ieu ? Évidemment non!
 
Le Tsadiq dévoile à chaque génération de nouveaux conseils et de nouveaux remèdes en fonction de l’époque. Quand la Tora nous demande de ne pas abattre la bête et son enfant, c’est aussi pour nous dire de rechercher ces conseils actuels pour notre téchouva (“ché’hita”), au lieu de nous en tenir au passé, à condition bien sur que ces conseils restent fermement attachés à la Tora et aux commandements de Moché Rabbénou. Et même le Talmud Bérakhoth enseigne qu’on pourrait “inverser” la Tora (ponctuellement et avec l’accord des Sages) en cas de danger spirituel, afin de ne pas s’éloigner d’Hachem, D-ieu en préserve.
 
En conclusion, on peut dire qu’il existe une certaine modernité dans la Tora, la Tora est vivante grâce aux Tsadiqim de la génération qui la déchiffrent en fonction des besoins du peuple d’Israël, en parfait accord avec la volonté de D-ieu. Restons-donc à l’écoute de notre “temps” car Rabbi Na’hman a enseigné qu’“il est interdit d’être (spirituellement) vieux”. Et une fois il déclara : “Suivez-moi et je vous dirigerai dans un chemin tout à fait nouveau. C’est celui qu’ont pris Avraham, Yits’haq et Ya’aqov, et pourtant il est complètement nouveau.” (‘Hayé Moharane)
 
Sefer Hamidoth – La colère
 
Celui qui retient sa colère, ses ennemis ne le domineront pas.
 
La colère entraine l’humiliation.
 
Le coléreux oublie son savoir.
 
Il augmente sa bêtise.
 
La colère après manger est très nuisible.
 
Une femme coléreuse détruit sa maison.
 
Le mensonge entraine la colère.
 
À cause de la colère la vie est raccourcie.
 
Celui qui est coléreux, on peut en déduire qu’il aime les honneurs.
 
Même les mitswoth il ne les fait que pour son honneur.
 
Lois de Chabath
 
À la sortie du Chabath (après la Havdala), on préparera une belle table et on y fera un bon repas afin de raccompagner le Chabath qui s’en va. Ce repas est appelé “Mélavé Malka” ou “Séouda Réviït ” et il est recommandé de le prendre tous les samedi soir, notamment pour les femmes enceintes à propos desquelles nos Sages ont affirmé que celle qui prend ce repas aura un accouchement facilité.
 
À priori, la mitswa consiste à manger du pain en quantité suffisante pour devoir réciter les Birkath Hamazone (les bénédictions d’après le repas). Si c’est impossible on mangera des gâteaux, et si cela aussi est impossible on consommera des fruits, toujours avec l’intention de “raccompagner le Chabath” En ce qui concerne le temps idéal de ce repas, il faut le prendre à priori pendant les quatre premières heures de la nuit ou tout au moins avant le milieu de la nuit (‘Hatsoth). Mais si on a eu un empêchement, on pourra le prendre toute la nuit jusqu’à l’aube. (Yalqout Yossef, Diné Séouda Réviïht 1 et 2)
 
Le compte du ‘Omer
 
Pendant les 49 jours où les juifs comptèrent le ‘Omer dans le désert, ils se débarrassèrent graduellement de l’impureté acquise en Égypte jusqu’au 49ième jour où, complètement purifiés, ils purent recevoir la Tora à Chavou’oth.
 
En vérité, le compte du ‘Omer est représentatif de la vie entière. Tout au long de son existence, le rôle du juif est de s’améliorer, se purifier des mauvais traits de caractères et des passions malsaines qui l’habitent. Bien évidemment, le résultat n’est pas immédiat.
 
Il faut persévérer de nombreuses années afin d’y arriver et il peut sembler parfois que nos efforts sont en vain quand on réalise la difficulté de notre progression. C’est pourquoi chaque année, les Sages nous demandent de compter le ‘Omer, afin de nous remettre les idées en place. À ce sujet, voila ce que dit Rabbi Nathan de Breslev : “Grâce au compte de chaque jour, on a le mérite de quitter un degré d’impureté et d’obtenir un degré de sainteté. On attire sur soi l’intelligence et la connaissance de sainteté grâce au compte du ‘Omer qui représente notre recherche et nos désirs spirituels, jusqu’au jour de Chavou’oth où on reçoit la Tora grâce à cela.
 
De fait, un homme peut se trouver éloigné de la Sainteté divine, trimballé ça et là et repoussé de la spiritualité, D-ieu en préserve. Malgré tout, s’il tient bon, il continuera à prier, à demander, à languir et à rechercher chaque jour le rapprochement vers D-ieu. Alors, malgré son éloignement et les nombreuses épreuves qu’il doit supporter, il doit savoir et croire qu’à chaque demande, chaque recherche d’Hachem, chaque languissement, chaque regard levé vers le Ciel en attente d’une Réponse divine, à chaque petit mouvement vers la sainteté, il brise à chaque fois des murailles de fer et des portes de bronze.
 
Et même si ses mauvais instincts reprennent le dessus par la suite, D-ieu en préserve, aucun effort qu’il a fait n’a disparu, aucun mouvement qu’il a effectué n’est parti en vain ou n’est perdu. Et s’il persiste dans son chemin, malgré tout ce qu’il va endurer, il est sur qu’en fin de compte il aura le mérite de trouver D-ieu.
 
Ceci est l’aspect du ‘Omer, car même si à chaque jour compté on ne sort pas entièrement de l’impureté, malgré tout à la fin du compte du ‘Omer, on a le mérite de recevoir la Tora à Chavou’oth, grâce à la force et au mérite d’avoir compté 49 jours pendant lesquels on a reçu chaque fois de l’intelligence et de la connaissance.
 
Par conséquent, la personne sensée comprendra qu’il faut toujours se renforcer en n’abandonnant jamais le peu de bien qu’on est capable de faire, même si parallèlement on endure ce qu’on endure. Beaucoup croient hélas que ces paroles ne les concernent pas parce qu’ils ont trop chuté et que leurs empêchements sont trop grands, la situation trop difficile, ils croient qu’il leur est impossible de revenir.
 
Rabbi Na’hman s’est levé de toutes ses forces contre cette idée fausse, car à chaque petit mouvement qu’ils feront, ils réaliseront une réparation jusqu’au jour où ils seront totalement purifiés. Ceci est le secret de la Sefirath Ha’Omer et de la réception de la Tora.” (Liqouté Halakhoth, Guéviat ‘HovYétomim, 3:17).

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