Nous méfier de nos pensées – Chéla’h

La réalité n'est pas objective, elle n’est que le fruit de nos pensées. Parlez avec dix personnes ayant assisté au même évènement…

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le rabbin Éliyahou Haviv

Posté sur 06.06.09

 La paracha de la semaine nous relate l’histoire des douze explorateurs qui partirent espionner la Terre d’Israël avec pour mission de fournir des informations pour mieux la conquérir. Au lieu de cela, ils revinrent avec un compte-rendu désastreux à l’exception de deux d’entre eux, Yéhoshoua’ et Calev

Le peuple, responsable lui aussi – dans la mesure où il avait demandé cette exploration au lieu d’avoir confiance en D-ieu – commença à se lamenter. Il fut puni, mesure pour mesure, et ne rentra pas en Israël. La conquête fut repoussée de 40 ans.
 
Le Midrach nous raconte comment les dix explorateurs, tous princes d’Israël, se concertèrent et décidèrent de décourager le peuple parce qu’ils avaient peur de perdre leur place, une fois arrivés en Terre sainte. Ils avaient perçu que cette terre était de nature à déstabiliser les acquis, les certitudes, la personnalité et même le rang social de l’individu.
 
Une question se pose alors : ils étaient tous princes d’Israël, donc forcément des personnes d'un niveau spirituel très élevé. De fait, nos commentateurs n’ont pas peur d’affirmer qu’avant cette faute, ils étaient tous des Tsadiqim. Il est donc étonnant d’imaginer des Tsadiqim en train de repousser la Promesse divine de nous donner une terre parce qu’ils avaient peur de perdre leurs avantages sociaux.
 
Une crainte mal fondée
 
Concentrons-nous un instant sur le rapport qu'il établirent à leur retour de l'exploration.
 
Ils reconnurent que la terre était incroyablement fertile et ils racontèrent aussi que les habitants étaient des géants, ce qui était vrai. Lors de leur exploration ils virent qu’une épidémie balayait les habitants qui étaient tellement occupés à enterrer leurs morts qu’ils ne les aperçurent quasiment pas, ils rapportèrent donc que c’était une “terre qui dévore ses habitants”, ce qui était vrai. Leur conclusion fut néanmoins fausse : nous ne pourrons pas y arriver.
 
Ainsi, nous constatons que la vérité peut nous amener à tirer de fausses conclusions. Elle peut servir de preuve à toutes les erreurs et à tous les mensonges.
 
La paracha nous donne la clef de la réparation de la faute des explorateurs à sa fin. Elle nous conseille : “et vous n’irez pas après votre cœur et vos yeux.” Pourquoi le cœur précède-t-il les yeux ? C’est pour nous apprendre que nos pensées profondes dont la place originelle se situe dans le cœur ont une répercussion directe sur la manière dont nous analysons le spectacle de la réalité avec nos yeux.
 
Lorsque le Midrach nous enseigne que les explorateurs ne voulaient pas perdre leur place, il ne faut pas pour autant imaginer qu’ils se sont concertés froidement pour donner une fausse conclusion à leur avantage. Le Midrach est là pour faire ressortir les pensées profondes enfouies au fond du cœur de ces dix princes d’Israël.
 
Leur erreur fut de ne pas aller jusqu’au bout d’une introspection personnelle qui les aurait forcément amenés à découvrir en eux un combat intérieur entre leur intérêts personnels et la volonté de D-ieu. Ils firent un mauvais choix qui influença automatiquement la manière dont ils analysèrent la réalité. Mais il ne faut pas douter un seul instant qu’ils croyaient en ce qu’ils disaient.
 
Nous apprenons de cela qu’un individu doit faire un travail de fond dans la manière dont il pense car la pensée est créatrice. RabbiNa’hman de Breslev enseigne que celui qui utiliserait toutes ses forces pour penser à un projet, penser à la manière dont il se réalisera en détail, au point de ne plus rien ressentir d’autre et de même sentir qu’il irait jusqu’à donner sa vie pour cela, pourra le voir se concrétiser.
 
Comprenons donc que la réalité s‘habille forcément en fonction de la manière dont on pense. Les explorateurs, s’ils avaient bien pensé, auraient dû comprendre que l’épidémie était envoyée par D-ieu pour leur permettre d’explorer la terre sans être inquiétés. Et au contraire elle leur prouvait que D-ieu allait affaiblir leurs ennemis afin de les faire gagner encore plus facilement.
 
Lorsque nous avons un intérêt personnel, une envie que la réalité corrobore notre opinion, nous sommes capables de créer cette réalité. Telle est la puissance de la pensée : elle est créatrice.
 
Nous l’affirmons tous les vendredi soirs dans le chant Lékha Dodi lorsque nous disons : “sof ma’assé bé ma’hashava té’hila” (“la pensée initiale se situe dans l’action finale.” Et nos sages ajoutent dans le Talmud : “là où un homme veut aller on le conduit.”
 
Par conséquent si le système de pensée qui occupe notre pensée est erroné, nous construirons une réalité erronée. Une réalité où la Tora ne me concerne pas et où D-ieu est absent, une réalité où l’argent est roi, une réalité où je ne vaux pas grand-chose, etc.
 
Au lieu de croire que la réalité est objective, il faut savoir qu’elle n’est que le fruit de nos pensées. Parlez avec dix personnes ayant assisté au même évènement : elles en auront toutes eu une perception différente. Il nous semble alors que l’autre est de mauvaise foi alors qu’il est autant de bonne foi que nous puisque lui aussi a créé ses preuves.
 
Rabbi Na’hman de Breslev enseigne que le combat pour la pureté et la vérité commence au niveau des pensées. Il faut beaucoup d’introspection, d’intelligence et de bonne foi pour remettre en question notre système de pensée (qu’on nous a généralement imposé) et adopter le seul qui nous connecte à la réalité authentique de la Présence divine : celui de la Tora.
 
Sefer HaMidoth – L'argent
 
Celui qui se moque verra ses moyens de subsistance décroître.
 
La richesse ne subsiste pas lorsqu’on n’a pas pitié des autres.
 
Celui qui passe l’épreuve de la passion charnelle méritera une grande richesse malgré ses ennemis.
 
Le travail est une grande chose puisque D-ieu lui-même nous demande d’en avoir un.
 
La force des nations qui volent Israël provient du fait qu’elles étudient la Tora, les Prophètes et les Hagiographes.
 
Celui qui vole son prochain sera rendu impur par une perte séminale.
 
Lire les Kétoret enrichit.
 
L'émouna (la foi) multiplie la parnassa (notre gagne-pain).

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