Le malheur des uns est aussi le nôtre

Il est toujours plus facile de remarquer ce qui ne va pas chez son voisin que chez soi. Ainsi, en pointant du doigt certains aspects de la vie des autres...

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David-Yits'haq Trauttman

Posté sur 29.01.10

Le tremblement de terre en Haïti est une catastrophe pour plusieurs raisons. Avant tout, il s'agit d'une catastrophe humaine : ce sont des centaines de milliers de morts qui ont disparus en quelques secondes de ce monde. Dans ce cas-là, aucune discrimination n’est faite : hommes, femmes, enfants, jeunes, vieillards… Peu importe si l'on est riche, en bonne santé ou que de passage ; toutes les victimes n'avaient qu'un seul point commun : celui d'avoir été au mauvais endroit, au mauvais moment.

 
Il existe une autre dimension à cette catastrophe. Son origine se trouve en notre cœur et son aspect principal est spirituel. Il est atterrant pour une personne qui a l'émouna (foi) de continuer sa vie de la façon dont elle le faisait avant la catastrophe une telle catastrophe. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est D-ieu.
 
Les limites de l'entendement humain
 
"J'ai anéanti des nations, leurs tours fortifiées sont en ruines ; j'ai dévasté leurs campagnes qui ne voient plus de passants, leurs villes sont ravagées, abandonnées de tous, dépeuplées. Je pensais que vous Me craindriez et que vous apprendriez une leçon." (Céphania 3:6-7) Le prophète l'a déclaré sans ambiguïté : les catastrophes que nous appelons naturelles ont un objectif précis : nous réveiller de notre torpeur spirituelle.
 
Avant d'aller de l'avant dans notre raisonnement, je me dois de tirer le signal d'alarme face à ce que j'ai récemment lu et entendu à propos de ce sujet. Selon certains, la catastrophe en Haïti s'explique principalement par un mode de vie peu moral. Je ne suis pas d'un tempérament nerveux, mais lorsque je lis de telles choses, il est sain que leur auteur ne soit pas devant moi. La bêtise, la prétention, l'irresponsabilité… les qualificatifs ne manquent pas pour étiqueter les personnes qui jouent à ce jeu.
 
Il est toujours plus facile de remarquer ce qui ne va pas chez son voisin que chez soi. Ainsi, en pointant du doigt certains aspects de la vie des Autres, nous tirons la couverture sur nos fautes, nos défauts et notre éloignement personnel de Divin. Cela est un fait établi : nous ne sommes généralement pas les derniers à critiquer… les autres. Cependant, si l'on sent un regard se poser sur nous, nous sommes rapides à sortir les griffes. Quelle merveille que l'esprit humain ! Il est prêt à toutes les contorsions pour éviter de se remettre en question.
 
Mettons donc de côté ces déclarations inutiles et bêtes de la part de personnes qui le sont autant. Nous faisons cela pour une simple raison : nos limites sont grandes dans la compréhension que nous pouvons obtenir de ce monde et dans la façon dont le Créateur le dirige. Avoir l'émouna n'est pas tout savoir, mais l'exact opposé : ne pas avoir peur de dire que nous ne savons pas, mais que cela ne nous gêne pas car nous savons qui détient les clés du pouvoir et que Son intégrité est parfaite.
 
C'est pour cette raison qu'il est impossible de pointer du doigt une faute particulière – d'un individu ou d'un peuple – et de la lier à un comportement ou à une attitude spécifiques. Quelle est prétentieuse la personne qui pense détenir en la matière la moindre once de savoir ! Quelle leçon de modestie devrait-elle apprendre ! La même personne qui est incapable d'expliquer la façon de fonctionner du moteur de sa voiture ou de justifier ses futures fautes qui l'éloigneront d'Hachem prétend être suffisamment proche du Savoir divin pour l'expliquer. Si le sujet n'était grave, il y aurait de quoi rire.
 
Revenons aux paroles du prophète et tirons les conclusions qui s'imposent. D'une part, il est certain que l'injustice n'est pas de ce monde et que tout ce qui arrive à une personne – ou à un peuple – possède une raison précise. Nos limites intellectuelles ne nous permettent pas d'aller au-delà de cette constatation. D'autre part, le prophète l'a exprimé d'une façon limpide : les catastrophes naturelles sont sensées nous réveiller de notre sommeil spirituel, de nous faire faire téchouva (repentir) et finalement, nous rapprocher de D-ieu.
 
Rachi, le commentateur français de la Bible de l'époque du Moyen-Âge l'a dit sans ambages (à propos du verset dans l'Exode 7:3) : "[Hachem] provoque des punitions sur les nations [du monde] afin que le peuple d'Israël fasse attention et acquiert la crainte du Ciel." Ainsi, plutôt que de pointer du doigt le peuple victime d'une catastrophe naturelle, chacun d'entre nous doit le diriger vers lui-même et penser : "Ce sont mes fautes qui sont à l'origine de ce qui s'est passé et je dois aujourd'hui me repentir pour éviter que cela ne se produise de nouveau."
 
Dans le cas d’Haïti, la catastrophe humaine ne peut pas être réparée : les morts ne reviendront pas à la vie. Cependant, nous pouvons éviter la catastrophe spirituelle que je mentionnais précédemment si les lendemains de cette tragédie sont synonymes de pensées profondes sur le travail que nous devons réaliser pour devenir de meilleures personnes, faire un plus grand nombre de bonnes actions. En d'autres termes, si nous saisissons l'occasion de cette catastrophe pour nous amender, l'aspect spirituel désastreux aura été réparé. Cela n'est pas une moindre gageure.
 
Une attitude quotidienne
 
Le mode de réflexion que je viens d'exposer est typique des personnes qui possèdent l'émouna. Dans un récent article, j'écrivais que dans le monde, rien n'arrive sans être lourdement chargé de sens. Plutôt, ce sont nos faiblesses qui nous laissent croire à des balivernes telles que : le hasard, la chance ou l'inexplicable. En vérité, ce sont dans tous les évènements qui font notre vie – les grands et les petits – que nous devons chercher le Divin et le message que nous pouvons y lire.
 
Ce message possède une constance : celle de nous faciliter le rapprochement avec Hachem. Souvent, nous ne pouvons pas analyser le message reçut avec précision. Cela n'est pas bien grave : moins la clarté est apparente, plus nous devons faire appel à l'émouna et en notre confiance envers le Dirigeant suprême. Lorsqu'une personne peut vivre de la sorte, elle démontre que son niveau de foi en Hachem est élevée. N'est-ce pas là l'objectif de notre vie ?
 
Il est également important d'ajouter que cette recherche du Divin et de la vérité absolue ne doit pas être réservée aux grands évènements, tristes ou joyeux. De fait, c'est dans les gestes de la vie quotidienne que nous devons chercher D-ieu. En le faisant avec la joie et la sincérité, nous serons étonnés de nos découvertes !
 
Vous êtes cordialement invités à lire les billets du jour sur le blog de David-Yits'haq Trauttman à www.davidtrauttman.com/

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