La clarté du cœur

Lorsque nous aimons, nous cherchons à faire plaisir et à nous rapprocher. Si notre cœur se réjouit en la personne que nous aimons...

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David-Yits'haq Trauttman

Posté sur 07.03.10

 

Notre relation avec le Divin est composée de trois facettes distinctes : les actions autorisées et que nous faisons, les actions interdites et que nous ne devons pas faire et les actions autorisées que nous nous interdisons. Chacune possède son importance et en son absence entraîne des conséquences concrètes dans notre rapprochement avec D-ieu. Pourtant, leurs différences sont significatives et il est vital de les connaître. Avec l'aider de D-ieu, nous allons les détailler.
 
Les actions autorisées que nous faisons
 
Entrent dans cette catégorie toutes les mitswoth positives («Tu feras… ») que le Créateur nous a commandées de faire, ainsi qu'une multitude de gestes quotidiens plus ou moins importants. Dans le premier cas, on peut citer comme exemple celui de donner la Tsédaqa (la charité), de mettre les téfilines ou encore de prononcer les bénédictions (Birkath Hamazone) après un repas.
 
Dans le deuxième cas, on peut citer : faire la sieste (cela ne nous a pas été ordonné, mais est cependant autorisé), désirer accompagner son bœuf bourguignon d'un cru de qualité ou encore désirer changer de président de la république (bien sûr, toute correspondance avec une situation réelle est purement fortuite). Cette catégorie inclut tout ce que nous pouvons faire – en y pensant ou sans y penser – et en sachant qu'Hachem nous laisse carte blanche pour suivre le chemin que nous désirons.
 
Si nous ratons une mitswa positive (nous ne donnons pas la Tsédaqa, nous ne construisons pas de souka…), nous dressons un obstacle dans notre rapprochement avec le Divin. Cependant, il est important de savoir que dans ce cas, nous ne reculons pas ou en d'autres termes, nous ne nous éloignons pas d'Hachem.
 
Certes, nous avons raté une occasion d'avancer, mais nous n'avons pas reculé. (Ici, nous ne faisons pas référence aux mitswoth positives qu'une personne désire réellement faire mais que les circonstances lui mettent hors de portée. Si la tentative et les efforts étaient véritables, cette personne est considérée comme ayant fait la mitswa en question.)
 
Une façon de considérer les mitswoth positives est d'y penser comme étant des « points-cadeaux » que nous accumulons au fil des jours. Il est toujours bon d'essayer d'en posséder le plus grand nombre. Cela est particulièrement utile pour les jours où leur réalisation devient difficile ou impossible – qu'à D-ieu ne plaise – est que nous devons alors vivre sur le capital accumulé jusqu'alors.
 
Les actions interdites que nous ne faisons pas
 
Nous entrons ici dans la zone rouge : celle dans laquelle nous devons constamment prier afin de ne pas nous y retrouver. À chaque action de ce type réalisée, un carton rouge est sorti dans le Ciel pour nous exclure du jeu – c'est-à-dire de ce monde, que D-ieu nous préserve – et nous dépendons entièrement de la Compassion divine pour rester encore quelques temps sur le terrain de jeu.
 
Les transgressions – car c'est ce dont il s'agit – sont non seulement un obstacle dans notre rapprochement du Divin, mais à la différence des mitswoth positives que nous ne faisons pas, elle possèdent une force effrayante : celle de nous rejeter loin du niveau où nous étions avant de les commettre. C'est en faisant référence à elles qu'on dit d'une personne qu'elle est « tombée » de son niveau spirituel. La chute est causée par une transgression, pas par une action ratée de faire le bien.
 
En réalité, si l'on tient compte du niveau spirituel où se trouve chaque personne, les choses sont un peu plus subtiles. De fait, une chute pour un individu peut être une élévation pour une autre. Aussi difficile à comprendre que cela puisse être, Hachem prend beaucoup de plaisir lorsque nous fautons moins qu'auparavant. Ainsi, la personne qui ne respecte pas habituellement Chabath – qu'à D-ieu ne plaise – mais qui fait cependant l'effort de le faire pendant une heure un certain samedi, s'est rapprochée à sa façon d'Hachem.
 
Lorsque nous entrons dans cette logique, il est impératif de prendre conseil auprès d'un Rav compétent afin que notre moindre action ne devienne pas en réalité un coussin sur lequel nous sommeillons spirituellement. Deux aspects sont primordiaux : notre recherche véritable de la vérité et la personne à qui nous demandons conseil. Pour le premier, D-ieu sait ce que chaque personne a en son cœur et pour le deuxième, il faut beaucoup prier pour ne pas rencontrer une personne qui commettra en nous plus de dégâts que de bien.
 
Les actions qui sont autorisées et que nous ne faisons pas
 
A priori, on peut se poser la question suivante : si une action est autorisée, pour quelle raison ne devrait-on pas la faire ? Afin de comprendre la logique de cette catégorie d'actions, nous pouvons faire une comparaison avec les rapports qu'un homme entretient avec sa femme.
 
Il est certain que dans les relations de couple, certaines actions sont interdites. Avoir une relation avec une personne autre que son conjoint ; priver son conjoint des moyens financiers nécessaires et indispensables pour mener une vie décente ; porter atteinte physiquement à sa femme… Ces attitudes dépassent clairement les limites de l'acceptable et elles entrent dans la deuxième catégorie que nous venons de décrire.
 
D'autre part, les actions qu'il est bon d'éviter de faire, sans qu'elles soient interdites, sont beaucoup plus nombreuses que celles qui font commettre des transgressions. Citons-en une : imaginons qu'une femme accorde de l'importance de voir son mari arriver à l'heure du bureau. Si celui-ci n'en tient pas compte, il ne commet aucun crime ; il est bien évident que la femme ne pourrait pas demander à divorcer pour cette raison. Pour autant, que penser de ce mari qui n'en fait qu'à sa tête et préfère les discussions avec ses copains plutôt que l'ambiance chaleureuse de la maisonnée ?
 
Notre relation avec le Créateur est du même type : Il a tracé une voie claire pour nous permettre de nous rapprocher de Lui. Les limites sont connues : les interdictions (bibliques et rabbiniques) qui nous font quitter le chemin du rapprochement. Cependant, l'essentiel est ailleurs.
 
Le Roi David l'avait compris, lui qui s'est exclamé (Psaumes 33:21) : « Notre cœur se réjouit en Lui. » Cela a l'avantage de la clarté : lorsque nous aimons, nous ne cherchons pas à ne pas transgresser ; plutôt, nous cherchons à faire plaisir et à nous rapprocher. Si notre cœur se réjouit en la personne que nous aimons, son plaisir devient le nôtre et sa volonté fait partie intégrante de nos envies et de nos plaisirs.
 
Ainsi, la question à se poser est simple : « Cherchons-nous à nous faire plaisir ou à faire plaisir au Maître du monde ? » Dans le premier cas, nous pensons à nous en premier et nous vérifions ensuite si nous pouvons faire ce que nous désirons. Dans le deuxième cas, nous nous oublions et nous posons en face de nos yeux la volonté de l'Autre. Partant, nous faisons tous les efforts possibles pour nous inclure en celui que nous aimons.
 
Lorsque nous commençons à penser à Hachem en termes d'amour, nous obtenons une vision plus claire du chemin qu'il nous faut emprunter pour avancer dans la bonne direction. Tous les conseils du monde n'atteindront jamais la clarté qui pénètre notre cœur lorsque nous cherchons D-ieu. Puissions-nous désirer avancer et faire du Divin notre quotidien. De la sorte, nous atteindrons le niveau le plus élevé que nous pouvons espérer : celui d'être humain, véritable créature d'Hachem.
 
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