Le mauvais œil d’Aman

Le bon œil, c’est la sainteté, la fibre spirituelle du juif. En hébreu, le mot juif se dit Yehoudi, c’est un dérivé du mot Lehodot, qui signifie remercier…

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le Rav Shalom Arush

Posté sur 20.03.16

Le « bon œil », c’est être reconnaissant et remercier Hachem. Le bon œil, c’est la sainteté, la fibre spirituelle du juif. En hébreu, le mot juif se dit Yehoudi, c’est un dérivé du mot Lehodot, remercier. Un juif est donc quelqu’un qui devrait être reconnaissant envers Hachem et envers son prochain.

Zeresh a averti Aman, son époux : « Si Mordeh’ai fait partie du peuple juif et que tu es déjà tombé face à lui, tu ne pourras pas l’emporter car tu tomberas certainement avant lui ». Que voulait-elle dire par « Si » ? Bien sûr que Mordeh’ai était juif, tous le savaient. Mais il n’y avait pas plus ingrat au monde qu’Aman. Hachem lui avait tout donné –la richesse, le pouvoir, le succès. En tant que vice-roi d’Assuérus, qui était occupé avec son harem, Aman était le chef virtuel de 127 pays, c’est-à-dire toute la civilisation !

Le monde entier se prosternait devant lui. Tout était sien. Pourtant, il déclara : « Tout cela est sans valeur pour moi ». Pourquoi ? Parce qu’un juif, Mordeh’ai, ne se prosternait pas devant lui. C’est le summum de l’ingratitude, le « mauvais œil » d’Aman, l’impureté spirituelle connue sous le nom de klipat’ Aman. (klipa signifie écorce).

Comme Adam et Eve, Aman avait tout. Et comme eux, lui aussi était mécontent, car il ne parvenait pas à voir toute l’abondance et la bonté qui lui avait été accordées, mais se concentrait au contraire sur l’élément minuscule qui lui manquait. C’est le mauvais esprit de la convoitise, un point de vue étroit, l’opposé de la gratitude et de la magnanimité.

Ainsi, ce que Zeresh veut dire à Aman, c’est que si Mordeh’ai possède la qualité du « bon œil » qui caractérise les juifs qui remercient constamment le Créateur, alors il ne sera pas en mesure de la vaincre, parce que le « bon œil » est plus fort que le mauvais œil. Aucun mauvais œil ne peut atteindre une personne qui a ce « bon œil ». C’était sans aucun doute le cas de Mordeh’ai, puisque la méguila témoigne qu’il recherchait le bien chez tout le monde.  

Chaque jour, nous, les juifs, prions la Amida et disons à Hachem : « Tu es saint et Ton nom est saint, et les saints Te loueront chaque jour ». Les « saints » sont ceux qui gardent leurs yeux ; ceux sont les mêmes qui sont toujours reconnaissants envers Hachem.

Les personnes reconnaissantes réussissent. De cette manière, elles ont toujours une raison d’être reconnaissantes. Leur « bon œil » : provoque une magnifique spirale ascendante de reconnaissance et de succès.

Une personne reconnaissante excelle dans son accomplissement des mitsvotes et dans ses relations avec les gens. Elle respecte ses parents, puisqu’elle apprécie chaque petite chose qu’ils ont faite pour elle. Elle apprécie son conjoint et ne se concentre que sur ses qualités. En retour, elle profite des bénédictions que ses parents et son conjoint lui apportent et elle réussit encore plus.

Une telle personne est un exemple vivant de gratitude pour ses enfants ; ils voient comment elle remercie sa maman et comment elle respecte ses parents. Ils suivent l’exemple à leur tour, ce qui lui apporte beaucoup de satisfaction ! Et plus que tout, elle remercie Hachem tout au long de la journée.

La Guemara enseigne qu’il est interdit de faire une faveur à un ingrat. On se demande pourquoi. Supposons que quelqu’un veuille faire quelque chose de complètement altruiste et qu’il sache qu’il n’en tirera aucun merci. Qu’y a-t-il de mal à cela ?

La Guemara répond que faire une faveur à un ingrat est comme commettre de l’idolâtrie. Idolâtrie ? Le terme n’est-il pas un peu fort ? L’ingrat a une perception exagérée de ce qui lui est dû, comme si le monde entier lui était redevable et qu’il méritait tout. Il fait donc de lui-même une divinité, comme ces ingrats de Pharaon et d’Aman. Par conséquent, faire une faveur à un tel individu équivaut à servir une idole.

Inversement, une personne reconnaissante n’a aucune idée de ce qui lui est dû. Puisqu’elle ne pense pas que qui que ce soit lui soit redevable de quoi que ce soit ou qu’elle mérite quoi que ce soit, elle apprécie chaque petite chose dans la vie et exprime sa gratitude envers Hachem et envers son prochain.

Une personne dotée du niveau d’ingratitude d’Aman n’est jamais satisfaite et est généralement déprimée. Elle reste aveugle face à la multitude de faveurs qu’Hachem lui fait à chaque instant, puisque rien ne lui suffit. Mais celui qui suit le chemin du Judaïsme devrait dire merci toute la journée et chanter des chansons de louanges à Hachem !

Joyeux Pourim !

Traduit de l’anglas par Carine Illouz

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