Yom Kippour : Le plus Grand des Cadeaux

Hachem nous dit de mettre nos besoins corporels de côté pendant une journée et de nous concentrer sur le lien entre nos âmes et Lui. Au moins une fois par an, l'âme mérite d’avoir le dernier mot...

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le Rav Shalom Arush

Posté sur 29.09.22

« Il n’y avait pas de jours plus merveilleux, pour le peuple juif, que le quinze Av et Yom Kippour, » nous dit la Guemara. Bien sûr, nous comprenons tous la grandeur du 15 Av, de par toutes les choses merveilleuses qui se sont produites à cette date. C’est pourquoi il est appelé « Le jour de l’amour », car il est l’expression de l’amour d’Hachem pour nous. Mais qu’en est-il de Yom Kippour ?

Les gens redoutent Yom Kippour, ce jour où l’on ne peut ni manger ni boire. Mais, avec seulement un petit peu de foi et de conscience spirituelle, ils devraient se réjouir. Hachem nous dit de mettre nos besoins corporels de côté pendant une journée et de nous concentrer sur le lien entre nos âmes et Lui. Nous faisons cela par la prière ; voilà pourquoi nous passons toute la journée à la synagogue. C’est comme passer la journée avec le roi dans son palais.

La prière, comme tout le reste, est un cadeau d’Hachem. Elle reflète nos désirs les plus intimes, en particulier le désir de lier nos âmes à Hachem. Le reste de l’année, nos corps se mettent en travers du chemin, mais le jour de Yom Kippour, nos âmes sont libres de monter en flèche. Nos vrais désirs remontent à la surface, du plus profond de nous.

Rabbi Nah’man a dit une fois à l’un de ses élèves, « Si tu veux, tu agis, si tu ne veux pas, tu n’agis pas. » La volonté à laquelle Rabbi Nah’man fait référence est le désir de prier. Dans l’aspiration à la sainteté, le désir est louable, mais le désir sans la prière ne suffit pas. Afin de convertir le désir de sainteté en une pratique au jour le jour, il faut prier abondamment pour réussir à mettre en œuvre ce que l’on désire. Yom Kippour nous donne cette possibilité.

Tout comme Yom Kippour est un jour spécial de prière, c’est aussi un jour spécial de sainteté. Si la sainteté était quelque chose que le mauvais penchant voulait nous voir atteindre, on n’aurait pas besoin de prier du tout, parce que tout ce que le mauvais penchant veut qu’une personne ait peut être obtenu par le désir seul. Il n’y a pas d’obstacles dans la façon de suivre les conseils du mauvais penchant, comme la Guemara nous le dit : « Celui qui veut se contaminer, le chemin est ouvert devant lui. » Le mauvais penchant est heureux d’aider une personne à atteindre ses mauvais désirs et à assouvir ses appétits corporels, tout en piétinant la Torah au passage, à Dieu ne plaise.

À l’opposé, la sainteté présente une vive résistance. Le désir ne suffit pas – il faut prier avec ténacité et ne pas abandonner. Nos désirs de sainteté ne sont pas remplis immédiatement, car quand les choses viennent avec difficulté, le désir de la personne est mis à l’épreuve. Est-ce qu’il veut cela sincèrement ? Le fait de s’attarder dans la prière donne à la personne le pouvoir de surmonter tous les obstacles ; cela  crée également un récipient spirituel digne de recevoir la plus grande et plus intense lumière divine d’un niveau spirituel plus élevé.

Celui qui manque de prière n’a pas les outils nécessaires pour obtenir ce qu’il désire dans la sainteté. Il ressemble à une personne qui doit traverser la mer, mais n’a pas de bateau. Pourtant, quelqu’un qui possède un bon yacht peut rencontrer des défis en mer, comme un temps orageux, mais plus le bateau est fort, meilleures sont les chances d’atteindre l’autre rive en toute sécurité.

Hachem ne demande d’une personne rien qu’elle ne puisse accomplir. En fait, les demandes d’Hachem peuvent être accomplies par tout un chacun, comme le dit la Torah : « Cette chose [le commandement de la Torah] est très proche de vous – La réaliser dépend de votre bouche et de votre cœur » (Deutéronome 30:14) ; la Torah nous dit que par la prière, nous pouvons facilement répondre à tous ses commandements.

Pour poursuivre la ligne de pensée que celui qui manque de prière n’a pas le libre choix, celui qui ne prie pas une heure par jour (prière personnelle) n’a pas de libre choix. Pour obtenir tous nos besoins spirituels et pour corriger nos lacunes spirituelles, nous avons besoin de quantités prodigieuses de prières. Sans une heure par jour de « Yom Kippour », consacrée à la prière personnelle et la Téchouva, la sainteté et les objectifs liés à la sainteté sont extrêmement coûteux en raison de leur valeur inestimable ; leur coût spirituel est donc très élevé. La prière est la monnaie spirituelle qui nous le pouvoir d’achat nécessaire pour obtenir tout ce dont nous avons besoin. Il faut simplement payer le prix nécessaire pour tout ce que l’on cherche à atteindre.

En conclusion, toute la Téchouva d’une personne dépend de la prière. On n’a pas de véritable pouvoir, autre que la prière. Seul Hachem peut nous aider à obtenir ce que nous voulons, à surmonter les obstacles et nous donner les bons conseils. Seul Hachem nous donne la sagesse et la compréhension authentique. Seul Hachem peut nous donner notre santé spirituelle et notre bien-être physique. Nous devons donc consacrer autant d’efforts que possible à la prière. La Téchouva, c’est la prière, pas l’auto-persécution, alors commencez à prier !

Profitez du plus grand cadeau qu’Hachem nous ait fait, cette Journée spéciale d’Expiation, connue sous le nom de Yom Kippour, et puissent toutes vos prières être entendues, pour le meilleur ! Gmar H’atima Tova !

Traduit par Carine Rivka Illouz

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