
Le choix face à l’épreuve
Le jeune homme était déconnecté et démotivé, indifférent aux études, aux autres élèves et même à sa famille… Je l’écoutai une heure, impressionné par sa maturité.

En hiver, un excellent élève du nord déménagea avec sa famille à cause de la guerre et rejoignit la yechiva de mon ami, où il s’intégra rapidement. Au bout d’un mois, il perdit intérêt pour l’étude, changea de comportement et s’éloigna des enseignants et élèves. La situation s’aggravait ; le Roch Metivta m’appela et je rencontrai le jeune homme un soir de Chabbat dans la ezrat nachim.
Le jeune homme était déconnecté et démotivé, indifférent aux études, aux autres élèves et même à sa famille… Je l’écoutai une heure, impressionné par sa maturité.
Je lui dit : “HaChem appelle Moché et lui dit : « Tu reposeras avec tes pères et ce peuple se détournera pour servir les dieux étrangers de la terre où ils se trouvent, et ils m’abandonneront et transgresseront mon alliance que j’ai conclue avec eux. Alors ma colère s’enflammera ce jour-là, je les abandonnerai et cacherai ma face, et ils seront dévorés et trouveront de grands maux et des détresses, et ils diront ce jour-là : ‘Parce qu’il n’y a pas d’Élo-him au milieu de nous, nous avons trouvé ces maux.’ »
Israël s’éloignera d’HaChem, subira de grands maux, puis comprendra et fera téchouva. Mais quelque chose change dans le verset. HaChem inflige à Israël à la fois des « maux » et des « détresses », mais le peuple comprend seulement les « maux ». Où sont passées les détresses ?
Rabbi Chach a donné une réponse magnifique : HaChem inflige des choses mauvaises au peuple comme châtiment. Mais les détresses, chacun les crée lui-même…
Le mot détresse vient de la racine « tsar » (étroit, oppressant), comme dans l’expression « mon espace me semble étroit ». Chacun, face à une situation difficile, peut ressentir le problème tel qu’il est, ou peut l’étendre à tous les aspects de sa vie. Si la personne observe la réalité et y fait face telle qu’elle est, sans inventer d’autres conséquences sur d’autres domaines, cela ne résout pas le problème en lui-même, mais lui donne une manière de faire face et de ne pas imposer la souffrance sur tout ce qui l’entoure.
Il n’est pas facile d’être loin de chez soi, dans une situation instable et sans date de retour, mais cela ne signifie pas que les amis ne valent plus rien, que l’étude est devenu inintéressante, que les rabbins n’enseignent pas correctement, que tes parents ne te comprennent pas, qu’il n’y a rien à manger, ou que tout semble insignifiant. Cette prise de conscience des limites de ta manière d’affronter les choses ne diminue en rien la difficulté d’être loin de chez toi et de vivre dans des conditions moins favorables, mais elle empêche que cette situation envahisse toute ta vie. HaChem te donne le choix : imposer cette situation sur toute ton existence et transformer le mal en détresse, ou non.
La discussion a continué longtemps, et après cette rencontre, je n’ai plus jamais reçu d’appel à ce sujet de ce Roch Metivta jusqu’à aujourd’hui.

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