Renvoie Mon fils

Ce qui nous concerne surtout, ce sont les débuts dans l’Avodat HaChem : ces élans qui, après quelque temps, s’essoufflent, s’éteignent, et nous ramènent au point de départ, avec un peu plus de découragement.

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Rav chalom Arouch

Posté sur 08.01.26

Il y a ceux qui collectionnent des objets rares, et ceux qui ne gardent que l’utile. Mais il existe une chose que chacun, sans exception, accumule toute sa vie : une collection immense et inévitable…

Nous accumulons tous d’innombrables débuts : études entamées, résolutions spirituelles, efforts sur nos midot, alimentation, sport ou changements de vie… Combien de fois avons-nous commencé, sans aller jusqu’au bout ?

Ce qui nous concerne surtout, ce sont les débuts dans l’Avodat HaChem : ces élans qui, après quelque temps, s’essoufflent, s’éteignent, et nous ramènent au point de départ, avec un peu plus de découragement.

Notre « grenier » est rempli de commencements poussiéreux, au point qu’il n’y a plus de place pour de nouveaux départs. À force de commencer, beaucoup perdent l’espoir de recommencer — et même lorsqu’ils le font, ils n’y croient plus vraiment.

Si vous demandez pourquoi quelqu’un commence sans continuer, il répondra : « Je manque de persévérance », comme si c’était un défaut personnel. En réalité, c’est le problème de presque tout le monde, sauf de rares exceptions.

Y a-t-il une solution ? Absolument ! Pour cela, il faut comprendre pourquoi nous tombons.

Nous commençons avec un grand enthousiasme. D.ieu nous aide et nous donne une illumination, une envie renouvelée, une émotion très forte. Mais la nature de l’émotion est de monter et descendre comme les vagues de la mer : un instant vous êtes au sommet, l’instant d’après vous vous écrasez. On ne peut pas bâtir sa vie et sa volonté sur une émotion spirituelle, aussi forte soit-elle. Cela ne tiendra pas lors de la « descente ». Or, la descente fait partie intégrante du chemin : on vous retire l’illumination pour tester comment vous traversez les moments difficiles, pour voir si vous vous accrochez à votre volonté ou si vous vous mettez en colère.

Alors, sur quoi peut-on bâtir sa vie, son progrès et sa stabilité ? Uniquement sur la Foi (Emouna) !

Car l’humeur change. Aujourd’hui, on se lève joyeux et enthousiaste, mais demain, on peut se réveiller brisé, abattu et dans une grande obscurité. Mais la foi, elle, ne change pas. « Ta foi dans les nuits » et « Même si je suis assis dans l’obscurité, l’Éternel est ma lumière ». Le Créateur est le même Créateur, et la foi est la même foi, dans le bien comme dans le mal. Le Créateur t’aime dans chaque situation de ta vie, et même quand tu marches dans la vallée de l’ombre de la mort, Il est avec toi.

Une vie très forte

C’est ce que dit notre Maître Rabbi Na’hman : la foi est une chose très puissante. « En vérité, la foi est une chose très forte, et la vie est très forte grâce à la foi. » Il ajoute que c’est le secret pour atteindre la « Volonté de Sainteté » : quand on avance uniquement avec la foi, on mérite d’atteindre un niveau de volonté qui dépasse même la sagesse, c’est-à-dire une aspiration immense et puissante vers D.ieu.

Si tu bâtis ta volonté sur la foi — non pas sur le sentiment ou l’illumination, mais sur la connaissance claire que D.ieu peut tout et qu’Il est un Père bon qui t’aime toujours, que tu le ressentes ou non — alors tu pourras toujours progresser.

Il y aura des jours de lumière où tu avanceras beaucoup, et des jours d’obscurité où tu avanceras peu, mais tu avanceras toujours. Ce sont les « chemins du repentir » (Darké Techouva) : des sentiers différents pour les jours de montée et pour les jours de descente, mais sans jamais quitter la route. À la fin, tu comprendras que ces jours « sombres » où tu pensais peu progresser étaient en réalité les plus significatifs.

La délivrance n’a pas de raccourci

Quel rapport avec la Paracha ?

La sortie d’Égypte n’est pas un événement passé, c’est le symbole de toutes nos délivrances, collectives et personnelles. Quiconque veut accéder à la vraie liberté — se libérer de ses pulsions et de ses mauvais traits de caractère — puise sa force dans la sortie d’Égypte.

Le message de la Paracha est clair : il n’y a pas de délivrance en un clin d’œil. La délivrance est un long processus, étape par étape, jalonné de nombreuses chutes. Si tu ne t’accroches pas à la foi, tu ne tiendras pas le coup.

En Égypte, les enfants d’Israël étaient des esclaves. Moché arrive, leur donne les signes qu’il est le libérateur, et ils s’enthousiasment : « Le peuple crut… ils s’inclinèrent et se prosternèrent ». Mais une fois l’enthousiasme retombé, le libérateur disparaît pendant plusieurs mois, l’esclavage s’intensifie, et l’élan se transforme en un désespoir redoublé. Quand Moché revient enfin, ils l’accablent de reproches, au point que Moché lui-même s’en plaint à D.ieu.

Pourquoi ? Parce qu’ils vivaient selon leur émotion et non sur la foi. La Torah nous enseigne que la disparition du libérateur et l’épaississement des ténèbres sont nécessaires. C’est le véritable test de la foi. Comme dit le Midrash : le libérateur est comme un cerf qui apparaît, disparaît, puis réapparaît.

De l’esclave au fils

S’accrocher à la foi, c’est croire que D.ieu est un Père bon qui m’aime et ne me veut que du bien.

L’Égypte (Mitsrayim) représente l’état d’esclave. Pharaon (dont le nom en hébreu partage les racines du mot « nuque », Oref) symbolise l’idée que D.ieu nous cache Son visage et ne nous aime pas.

La délivrance, au contraire, est la révélation immense que nous ne sommes pas des esclaves, mais des fils ! C’est pourquoi D.ieu dit à Moché de dire à Pharaon : « Israël est mon fils premier-né… Laisse partir mon fils, pour qu’il me serve ».

Le cœur de la bataille pour la foi consiste à maintenir, en toute situation, cette certitude : D.ieu est un Père aimant. Particulièrement quand tu traverses des chutes et que le mauvais penchant veut te faire abandonner tes bons commencements. C’est précisément là qu’il faut se renforcer. Même si tu ne ressens rien, la foi est stable et immuable. Quand tu saisis la foi que D.ieu est ton Père, tu ne tomberas jamais.

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