
Manger en toute sainteté
Plus une personne possède une véritable sagesse, plus son visage rayonne. Mais lorsque l’alimentation d’une personne n’est pas empreinte de sainteté, elle perd cette lumière du visage et tombe dans une sorte d’assoupissement intellectuel et spirituel

La Torah conclut l’explication des aliments interdits à la fin de la paracha de cette semaine en nous ordonnant d’être saints. La juxtaposition de ces deux commandements — « vous vous sanctifierez » et « vous ne vous rendrez pas impurs » — indique que consommer uniquement des aliments permis par la Torah est une condition préalable à la sainteté.
La sainteté dans notre manière de manger ne dépend pas seulement de ce que nous mangeons, mais aussi de la façon dont nous mangeons, et de la quantité.
Rabbi Na’hman de Breslev explique (Likouté Moharan I:60) que l’intellect d’une personne se reflète dans son visage. Plus une personne possède une véritable sagesse, plus son visage rayonne. Mais lorsque l’alimentation d’une personne n’est pas empreinte de sainteté, elle perd cette lumière du visage et tombe dans une sorte d’assoupissement intellectuel et spirituel. Autrement dit, comme Rabénou l’enseigne ailleurs (ibid. 263), lorsqu’une personne mange avec excès, elle perd son aura humaine, sa finesse intellectuelle et spirituelle, et ressemble alors à un animal.
Comment comprendre cela ? Comment le fait de manger un hot-dog ou un beignet en trop peut-il réellement faire descendre une personne de son niveau humain à un niveau animal ? La parabole suivante va nous éclairer.
Un roi, cherchant un nouveau musicien de cour, auditionna soixante-dix artistes. L’un d’eux, nommé Lear, surpassa tous les autres et fut choisi.
Sa voix était d’une douceur exceptionnelle, et il maîtrisait aussi le violon et la flûte. Quelle que soit la forme, sa musique était si sublime qu’elle transportait le roi.
Le roi lui dit : « Profite librement du palais, mange et bois à ta guise, tant que tu joues de tout ton cœur. Mais n’oublie pas : ta mission de musicien reste ta priorité. »
Avec le temps, sa musique devint mécanique. Il attendait les repas plus que ses prestations, mangeant par désir plutôt que pour servir. Son appétit grandit sans cesse, jusqu’à ce que son ventre domine son esprit.
Un jour, avant un concert, il but trop et se sentit incapable de jouer. Il décida de chanter, mais au moment d’atteindre une note élevée, il éructa bruyamment.
Le roi, écœuré, le chassa du palais et l’envoya en exil pour expier sa faute. Jusqu’à ce jour, Lear regrette profondément et aspire à revenir au palais pour jouer à nouveau devant le roi.
HaChem est le Roi : la prière et la Torah du Juif Le réjouissent. S’il mange pour Le servir, il s’élève ; sinon, il s’abaisse.
S’il vit avec sainteté, le Juif rayonne ; sinon, il s’abaisse au niveau animal.
Puisse le Tout-Puissant nous aider à utiliser ce monde pour accomplir Sa volonté, et permettre à tout Israël de chanter Ses louanges dans le Beth Hamikdach reconstruit, rapidement et de nos jours, amen.


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