
Le Guide de l’examen de soi – Partie 4
Même si l’essentiel de son action fut la publication des livres de Rabbi Na’hman et de ses propres ouvrages explicatifs, les moments les plus élevés de sa vie

Il ne suffit pas de recevoir la Torah
Après le décès de notre saint maître, Rabbi Na’hman de Breslev, les disciples se rassemblèrent autour de son grand élève, Rabbi Nathan de Breslev. Rabbi Nathan, ce jeune génie, voyait déjà à l’époque, dans les villages d’Ukraine, avec son regard profond tourné vers l’avenir, et comprenait dans la pureté de son cœur que la Torah de son maître serait un phare pour les navires perdus dans les eaux agitées des dernières générations.
Rabbi Nathan se dévoua corps et âme, jour et nuit sans relâche, pour diffuser les enseignements de son maître par tous les moyens possibles. Même si l’essentiel de son action fut la publication des livres de Rabbi Na’hman et de ses propres ouvrages explicatifs, les moments les plus élevés de sa vie — comme pour son maître — étaient les rassemblements, où les disciples venaient écouter ses paroles issues de la “source jaillissante”.
Tout comme à l’époque de Rabbi Na’hman, où les disciples se réunissaient à Chavouot, chez Rabbi Nathan également, le moment du don de la Torah était un temps privilégié de rassemblement pour ceux qui recherchaient HaChem, venant entendre des paroles divines vivantes. Mais ces disciples ardents ne venaient pas seulement écouter : ils venaient aussi servir HaChem avec une flamme sainte, et les prières dans la maison d’étude auprès de Rabbi Nathan s’élevaient jusqu’aux cieux.
Une année, au cœur de la prière, Rabbi Nathan brûlait d’un feu sacré, son cœur embrasé d’une lumière extraordinaire. Lorsque l’on sortit le Sefer Torah, il s’écria avec une grande exaltation : « Moché Rabbénou nous a donné la Torah, et notre saint maître nous a donné la manière de la réaliser. »
Qu’est-ce que “la réalisation de la Torah” ?
Dans ces mots puissants, restés pour les générations, Rabbi Nathan résume le but essentiel de tout serviteur d’HaChem : toute son aspiration doit être de chercher comment mettre en pratique la Torah.
Et que signifie cela ? La Torah comprend toutes les lois du Choulkhan Aroukh, ainsi que toutes les conduites de sainteté transmises de maître à élève jusqu’à Moché Rabbénou au Sinaï. Le problème est que même accomplir les choses les plus simples et évidentes — sans rigueurs particulières ni comportements d’élite — est extrêmement difficile.
Car sur les fondements mêmes de la Torah, le mauvais penchant est très puissant : la protection du regard, de la parole, des pensées, la prière avec concentration, la foi vivante, l’amour d’Israël, la maîtrise de la colère et des désirs, la persévérance dans l’étude, le respect mutuel dans la famille et avec les autres… sur tout cela, nous faisons face à des obstacles immenses, des distractions et des confusions sans fin, bien que tout cela soit clairement la volonté d’HaChem.
Ainsi, même un Juif craignant HaChem et désireux de faire Sa volonté se retrouve souvent en grande difficulté : soit il se perd et désespère de pouvoir atteindre la volonté divine, pensant que seuls quelques élus y parviennent, soit il se trompe lui-même et/ou abandonne. Mais cette pensée est contraire à la Torah, car HaChem ne reproche pas à Ses créatures de ne pas pouvoir accomplir l’impossible. Il est dit : « Cette mitsva… n’est pas hors de ta portée ni trop éloignée de toi. » La Torah est accessible à chaque âme.
Un travail combiné
Les grands maîtres d’Israël, en particulier le “Messilat Yesharim” et Rabbi Na’hman, enseignent que la seule voie pour vivre selon la volonté d’HaChem sans compromis est : la hitbodédout, et surtout le “heshbon ha-nefesh” (l’examen de conscience).
Rabbi Na’hman enseigne un principe simple de foi : même si tu penses ne pas pouvoir accomplir certaines choses, ne renonce jamais au désir ni à la prière. Tout le monde peut désirer et prier. Et celui qui persévère dans la prière verra certainement un changement de sa nature — c’est-à-dire de ses mauvais traits et de son mauvais penchant.
Ces dernières semaines, nous avons expliqué un système de travail révolutionnaire : comment combiner l’examen de conscience avec le travail du désir, c’est-à-dire la prière ciblée.
Et maintenant, après avoir reçu la Torah, il faut compléter le tableau en intégrant aussi le travail de la gratitude.
La gratitude profonde
Dans son examen de conscience dire simplement : “j’ai fait ceci, c’était bien ; j’ai fait cela, c’était mal, je regrette et je m’engage à changer” est bien — mais insuffisant pour un véritable changement profond.
Le remerciement doit venir d’une compréhension profonde : rien ne m’est dû, et tout ce que j’ai vient uniquement de la bonté d’HaChem.
David HaMelekh dit : « Et moi, par la grandeur de Ta bonté, j’entre dans Ta maison… »
Autrement dit : entrer dans la maison d’Hachem n’est pas évident, ce n’est pas un droit, mais uniquement une bonté divine.
Ainsi, lorsqu’un Juif fait son examen de conscience et arrive aux bonnes actions de la journée, il peut dire :
« Et moi, par Ta grande bonté, je mets les téfilines »,
« Et moi, par Ta grande bonté, je prie Cha’harit »,
« Et moi, par Ta grande bonté, j’étudie la Torah »…
Lorsque l’homme remercie sincèrement HaChem pour le bien qu’il accomplit, il mérite d’en faire encore davantage. La gratitude est donc un outil essentiel dans la réalisation concrète de la Torah.
Résumé
La perfection de l’examen de conscience qui en fait un véritable outil de transformation, est la suivante :
- raconter à HaChem chaque détail de la journée,
- pour chaque bonne action : remercier profondément avec “Et moi par Ta grande bonté…”,
- pour chaque difficulté : faire 5 à 7 minutes de prière ciblée sur ce point précis.
Ainsi, l’examen de conscience devient un véritable travail vivant : non seulement une analyse de soi, mais un processus de réparation, de transformation et de progression réelle.
Et ainsi, nous mériterons vivre et de l’accomplir pleinement la Torah, selon la volonté d’HaChem, dans une réalité concrète.

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