
Que signifie craindre HaChem ?
L’un des grands dangers de la vie moderne est que la technologie crée une illusion d’invulnérabilité.

Pendant les deux derniers mois, mon épouse et moi avons parcouru à pied ce qui ressemble à un coin oublié du Gan Éden.
Nous quittons la maison peu après sept heures du matin. Les routes sont encore calmes. Les tracteurs n’ont pas encore commencé leur travail. Une douce brise traverse la vallée de Jezréel, apportant avec elle le parfum des fleurs sauvages, du blé et de la terre fraîchement retournée. Lorsque nous arrivons sur les sentiers, le soleil commence déjà à s’élever au-dessus des collines, baignant les champs d’une lumière dorée.
La brise nous accompagne partout. Elle nous suit entre les forêts et les chemins de terre. Elle nous rafraîchit lorsque nous traversons les champs ouverts. Même lors des journées les plus chaudes, on avait l’impression que la vallée elle-même respirait.
Pendant des semaines, le temps fut parfait.
Puis arriva le mois de juin.
L’Occident l’a baptisé « Mois de la Fierté Gay », et des défilés furent annoncés aussi bien à Tel-Aviv que dans notre ville sainte de Jérusalem.
Le lendemain, nous avons suivi notre itinéraire habituel à travers les champs, espérant profiter d’une autre matinée agréable. Les prévisions météorologiques semblaient sans danger, et aucun de nous n’imaginait que les conditions avaient changé.
Mais en quelques minutes, nous avons eu l’impression d’être entrés dans un immense four.
La brise avait disparu. L’air demeurait immobile au-dessus des champs. La chaleur rayonnait à la fois de la terre et du ciel. La sueur apparut presque immédiatement. Nous nous sommes regardés, avons abandonné nos projets et nous sommes empressés de chercher l’ombre d’une forêt voisine.
Et si cette chaleur nous posait une question que nous ne voulons pas entendre ?
Les mois de juin les plus chauds jamais enregistrés se sont produits depuis le début de ces défilés.
Ces vagues de chaleur inhabituelles ont contribué à des incendies dévastateurs qui ont coûté la vie à des dizaines de personnes et détruit des dizaines de milliers de dunams de terre.
Le soleil brûle. La terre se consume.
Lorsqu’un Juif voit la terre brûler, il ne peut s’empêcher de se poser une question que la société moderne lui a appris à ne pas formuler :
HaChem décrète-t-Il la destruction lorsque nous Le provoquons par nos fautes ?
On nous encourage à interpréter toute chose à travers la politique, l’économie, la technologie et la sociologie. Lorsque quelque chose tourne mal, les experts cherchent des explications techniques. Lorsque quelque chose réussit, les experts se félicitent de leur planification.
La Torah nous enseigne une vérité dérangeante. Dans le traité Chabbat, Rabbi Ami enseigne :
« Il n’y a pas de souffrance sans transgression. »
C’est un enseignement que les oreilles modernes rejettent instinctivement.
Nous craignons le chômage. Nous craignons le cancer. Nous craignons le terrorisme. Nous craignons beaucoup de choses. Mais à quelle fréquence craignons-nous de déplaire au Créateur de l’univers ?
Lorsqu’on nous dit que nous devons craindre de provoquer D.ieu par nos fautes, nous commençons immédiatement à chercher des exceptions.
Nous recherchons des nuances.
La simplicité de cette affirmation nous met mal à l’aise.
Pourtant, c’est précisément cet inconfort qui peut révéler quelque chose d’important.
La Guémara dans Taanit décrit un tableau effrayant de ce qui peut arriver lorsqu’une nation s’éloigne trop de HaChem.
Sous le règne de Yéhoram ben A’hav, une terrible famine frappa le pays. Au début, les gens survécurent grâce à leurs réserves. Ensuite, ils eurent recours aux grains oubliés et aux restes des anciennes récoltes. À mesure que la situation empirait, ils consommèrent leur bétail. Puis ils franchirent des limites qu’ils n’auraient jamais imaginé dépasser.
Ils mangèrent leurs semblables et même leurs propres membres.
Le danger de se sentir trop en sécurité
L’un des grands dangers de la vie moderne est que la technologie crée une illusion d’invulnérabilité.
Nous pouvons rafraîchir nos maisons en plein été.
Nous pouvons importer de la nourriture de pays lointains.
Nous pouvons communiquer instantanément à travers les continents.
Nous pouvons construire des murs, des capteurs, des satellites et des systèmes de sécurité que les générations précédentes n’auraient même pas pu imaginer.
Peu à peu, sans nous en rendre compte, nous commençons à nous sentir protégés des conséquences.
Nous finissons par supposer que l’intelligence humaine peut résoudre n’importe quel problème.
Beaucoup d’entre nous ressentaient cela le 6 octobre.
Puis arriva le 7 octobre.
En quelques heures, des certitudes bâties pendant des décennies se sont effondrées. Cette tragédie nous a bouleversés non seulement par sa brutalité, mais parce qu’elle a détruit notre sentiment de confiance. Elle nous a rappelé qu’aucune technologie, aucune armée et aucun gouvernement ne peuvent remplacer la protection de HaChem.
La crainte du Ciel : les décisions cachées qui façonnent l’histoire
Avons-nous provoqué D.ieu par nos fautes, et cela a-t-il causé le 7 octobre ?
Seul un prophète pourrait répondre à cette question.
Mais selon nos Sages, le péché a bien plus d’importance que nous ne l’imaginons généralement.
Nos décisions comptent.
L’histoire n’est pas aléatoire.
Le Roi de l’univers prête attention non seulement aux nations et aux armées, mais aussi à chaque individu et à chacune de ses décisions.
Nous vivons des temps incertains.
Les titres des journaux sont alarmants.
L’avenir paraît instable.
Nous avons souvent l’impression que le sol sous nos pieds peut se dérober sans avertissement.
Mais peut-être que cette même incertitude renferme un cadeau.
Elle nous rappelle que nous ne sommes pas aussi puissants que nous le pensions.
Et que HaChem est beaucoup plus impliqué dans nos vies que nous ne l’imaginons.


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