Les filles de Tselof’had

Elles ne demandèrent ni argent, ni honneur, ni privilège. Elles demandèrent une part en Terre d’Israël, et la continuité du nom de leur père dans l’héritage du peuple.

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Posté sur 02.07.26

Parmi les épisodes les plus émouvants de la Torah figure celui des filles de Tselof’had. Alors que le peuple d’Israël se trouve encore dans le désert, cinq femmes se présentent devant Moché Rabénou avec une requête qui va marquer l’histoire : Ma’hla, Noa, ‘Hogla, Milka et Tirtsa demandent à recevoir la part de leur père dans la Terre d’Israël. Leur père était décédé dans le désert sans laisser de fils. Selon les règles alors en vigueur, son héritage risquait de disparaître de sa lignée. Pourtant, au lieu de se résigner, ces femmes se lèvent et déclarent : « Pourquoi le nom de notre père serait-il retranché du milieu de sa famille ? »

Elles ne demandèrent ni argent, ni honneur, ni privilège. Elles demandèrent une part en Terre d’Israël, et la continuité du nom de leur père dans l’héritage du peuple.

Les Sages soulignent le contraste saisissant entre elles et la génération des explorateurs. Les Méraglim avaient méprisé la Terre et découragé le peuple d’y entrer. Les filles de Tselof’had, au contraire, l’aimaient tellement qu’elles réclamaient leur part avant même d’y être entrées.

Elles avaient grandi dans le désert. Elles n’avaient jamais vu la Terre d’Israël de leurs propres yeux. Pourtant, elles la désiraient de tout leur cœur : c’était la terre choisie par HaChem, la terre des patriarches, la terre où la Présence divine réside d’une manière unique.

C’est précisément cet amour sincère et désintéressé qui a conduit à une révélation nouvelle dans la Torah. Leur demande a provoqué l’enseignement d’HaChem à Moché Rabénou concernant les lois d’héritage : une nouvelle halakha a été révélée grâce à elles, établissant que, lorsqu’il n’y a pas de fils, les filles héritent.

Ainsi, leur amour de la Terre d’Israël n’a pas seulement exprimé leur grandeur personnelle : il a été le vecteur par lequel une loi éternelle de la Torah a été dévoilée au monde.

La réponse d’HaChem fut claire et unique : « Les filles de Tselof’had parlent justement. » Rarement une requête humaine reçoit une validation aussi explicite du Créateur Lui-même.

Leur histoire nous enseigne une leçon éternelle. L’amour de la Terre d’Israël n’est pas seulement une émotion nationale ou géographique, mais une expression pure de la émouna. Celui qui aime ce qu’HaChem aime, révèle son attachement à HaChem Lui-même.

Les filles de Tselof’had incarnent une forme pure et lumineuse de ce lien : un amour qui ne réclame pas seulement une part d’héritage, mais qui révèle aussi la volonté divine dans la Torah.

Là où les explorateurs avaient vu des obstacles, elles ont vu une promesse. Et c’est cet amour profond de la Terre d’Israël qui leur a valu une place éternelle dans la Torah.

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