Rabbi Yits’hak Louria, l’Ari Hakadoch,

Très rapidement, malgré son jeune âge, l'Ari fut reconnu comme le plus grand maître de sa génération. Sa maîtrise aussi bien de la Torah révélée (Niglé) que de la Torah cachée (Nistar) impressionnait tous les érudits.

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Posté sur 19.07.26

Né : 1534 – Jérusalem, Israël
Décédé : 1572 – Tsfat (Safed), Israël

Rabbi Yits’hak Louria, plus connu sous le nom de l’Ari Hakadoch, perdit son père, Rabbi Chlomo, alors qu’il était encore enfant. Sa mère s’installa alors en Égypte, où leur oncle fortuné, Rabbi Moché Francis, prit la famille entièrement à sa charge. Plus tard, l’Ari épousa la fille de cet oncle, sa cousine.

Il étudia dans la yéchiva de Rabbi David ibn Zimra (le Radbaz), l’un des plus grands décisionnaires de son époque, auteur de plus de trois mille responsa halakhiques. Son maître principal fut Rabbi Betsalel Ashkenazi, auteur du célèbre Shita Mekoubetset.

Pendant plusieurs années, l’Ari vécut retiré dans une petite maison au bord du Nil, où il se consacra à l’étude de la Torah sans interruption. C’est là que le prophète Éliyahou lui apparaissait régulièrement pour lui révéler les secrets les plus profonds de la Torah, la dimension cachée appelée Sod ou Kabbale.

Selon la tradition rapportée par ses disciples, même durant son sommeil son âme s’élevait jusqu’à la yéchiva céleste (Metivta deRekiya). Là, il étudiait avec les plus grands maîtres des générations passées : Rabbi Chimon bar Yo’haï, Rabbi Yeïva Saba, Rabbi Hamnouna Saba, Betsalel ben Ouri, Aharon le Cohen ou encore les prophètes, qui lui dévoilaient les mystères du Zohar, du Michkan et des visions prophétiques.

C’est Éliyahou Hanavi qui lui ordonna de retourner en Terre d’Israël, à Tsfat, où il rencontrerait Rabbi ‘Haïm Vital, le disciple destiné à transmettre son enseignement.

En 1570, à l’âge de trente-six ans, l’Ari s’installa à Tsfat, alors centre mondial de l’étude de la Kabbale. Il y retrouva le grand kabbaliste Rabbi Moché Cordovero (le Ramak), auteur du Pardès Rimonim et du Or Yakar. Bien que le Ramak décédât seulement six mois après son arrivée, l’Ari continua toujours à le désigner comme « notre maître ».

Très rapidement, malgré son jeune âge, l’Ari fut reconnu comme le plus grand maître de sa génération. Sa maîtrise aussi bien de la Torah révélée (Niglé) que de la Torah cachée (Nistar) impressionnait tous les érudits. Les plus grands sages venaient écouter ses enseignements et demandaient à être admis parmi ses disciples.

Fait remarquable, l’Ari ne rédigea pratiquement aucun de ses enseignements kabbalistiques. Les seuls écrits qui nous restent directement de lui sont quelques piyoutim et les magnifiques zémirot de Chabbat, parmi lesquelles Azamer Bishva’hin, Asader Lisoudata et Béné Hékhala, toujours chantées aujourd’hui.

Tout le reste de son enseignement fut consigné par son disciple le plus proche, Rabbi ‘Haïm Vital. Cette œuvre gigantesque fut accomplie en moins de deux ans, puisque l’Ari quitta ce monde à seulement trente-huit ans.

Lorsqu’il enseignait le Zohar, il le faisait entièrement de mémoire, sans ouvrir le livre. Il transmettait également à ses disciples des yi’houdim (unifications spirituelles) et des kavanot (intentions mystiques). Cependant, seul Rabbi ‘Haïm Vital recevait l’explication complète de ces enseignements. Les autres disciples n’en recevaient que les introductions. L’Ari avait une confiance absolue en Rabbi ‘Haïm Vital, convaincu qu’il était le seul capable de comprendre et de transmettre fidèlement cette sagesse.

Rabbi ‘Haïm Vital témoigne sur son maître

Rabbi ‘Haïm Vital écrit :

« L’Ari débordait de Torah. Il maîtrisait parfaitement le Tanakh, la Michna, le Talmud, le Pilpoul, le Midrach, l’Aggada, le Maassé Beréchit et le Maassé Merkava. Il connaissait le langage des arbres, celui des oiseaux et celui des anges. Il lisait les visages selon la méthode décrite dans le Zohar. Il discernait tout ce qu’une personne avait accompli et voyait ce qu’elle ferait dans l’avenir. Il connaissait les pensées avant même qu’elles ne soient formulées. Il savait ce qui se passait sur terre comme ce qui était décrété dans les Cieux.

Il connaissait les mystères des réincarnations (gilgoulim), savait qui revenait dans ce monde et qui y venait pour la première fois. En regardant une personne, il pouvait révéler à quelle partie de l’âme d’Adam elle était rattachée.

Il contemplait les flammes d’une bougie et y découvrait des merveilles. Il voyait les âmes des justes, anciens comme récents, et étudiait avec elles les plus profonds mystères. À l’odeur d’une personne, il connaissait toutes ses actions, comme le rapporte le Zohar à propos du saint Yenouka.

Toutes ces connaissances étaient présentes en lui naturellement. Il n’avait pas besoin de pratiquer l’isolement spirituel (hitbodédout) pour les atteindre. Nous avons vu tout cela de nos propres yeux. Depuis Rabbi Chimon bar Yo’haï, rien de semblable n’était apparu sur terre.

Tout cela ne provenait nullement de pratiques magiques, à Dieu ne plaise, mais uniquement de son immense sainteté, de son ascèse, de sa pureté et de ses longues années d’étude. C’est ainsi qu’il mérita que le prophète Éliyahou lui apparaisse continuellement et lui enseigne ces secrets “bouche à bouche”. »

L’Ari et ses voisins

L’Ari était naturellement d’une bonté et d’une compassion extraordinaires envers toutes les créatures de Dieu. Rabbi ‘Haïm Vital rapporte qu’il veillait même à ne jamais tuer un insecte, pas même un moustique ou une mouche.

Pourtant, un jour, il réprimanda sévèrement des voisins qui tournaient ses enseignements en dérision.

« Allez-vous continuer dans votre méchanceté ? Sachez qu’il est en mon pouvoir de faire que la terre vous engloutisse vivants ! »

Ses disciples furent bouleversés par cette réaction, si inhabituelle chez leur maître. Ils lui demandèrent des explications.

L’Ari répondit :

« Ces hommes sont la réincarnation de Datan et Aviram. Ils sont revenus dans ce monde pour réparer leur révolte contre Moché Rabbénou. Leur unique possibilité de réparation consiste à honorer celui dont l’âme est issue de celle de Moché. Mais ils refusent de se repentir. Je leur ai simplement rappelé le châtiment qu’ils ont déjà subi dans le désert. »

La compassion envers les animaux

Un homme pieux, reconnu pour sa crainte de Dieu, demanda un jour à l’Ari de lui révéler une faute qu’il n’aurait pas encore réparée.

Après avoir observé son front, l’Ari lui dit :

« Tu es un juste irréprochable. Pourtant, je distingue une légère trace de tsa’ar baalé ‘haïm (souffrance infligée aux animaux). Tu dois corriger cela. »

Très surpris, l’homme rentra chez lui et interrogea toute sa famille. Finalement, il découvrit que la servante oubliait régulièrement de nourrir leurs poules, qui devaient aller chercher leur nourriture chez les voisins.

Il ordonna aussitôt que chaque jour on nourrisse non seulement leurs propres volailles, mais aussi celles du voisinage.

Lorsqu’il revint voir l’Ari, celui-ci observa son front et lui annonça avec joie :

« Le signe a disparu. Cette faute a été entièrement effacée. »

Que le mérite du tsaddik Rabbi Yits’hak Louria, l’Ari Hakadoch, nous protège tous. Amen.

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