Des paroles produisent des fruits

le Rav Elyahou avait reçu une force de bénédiction de Baba Salé, mais en réalité chaque Juif possède une force de bénédiction.

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Rav chalom Arouch

Posté sur 22.07.26

La force de la bénédiction du Baba Salé

Une fois, un groupe d’hommes influents est venu au domicile du Rav Mordekhaï Elyahou ztsl au sujet d’un Juif sur lequel circulaient de mauvaises rumeurs, disant que son intérieur ne correspondait pas à son apparence extérieure. Plusieurs grands rabanim s’étaient penchés sur la question et voulaient faire signer aux grandes autorités de la génération une lettre sévère de protestation, d’avertissement au public et d’exclusion contre lui.

Le Rav Elyahou leur dit : « Je ne signe pas. »

Les hommes insistèrent et essayèrent de lui présenter toutes sortes de témoignages et de preuves. Le Rav leur répondit : « Je ne veux rien voir et je ne veux rien entendre. J’ai donné ma parole : je ne signe pas. »

Ils se regardèrent, surpris, et hésitèrent sur la manière de poursuivre leur démarche. La signature du Rav était importante pour eux, et ils décidèrent alors d’essayer une nouvelle fois d’apporter d’autres arguments convaincants.

Le Rav comprit leur intention et décida de mettre fin à la discussion. Il leur raconta alors :

« Le juste, fondement du monde, notre maître, Baba Salé, m’a donné le pouvoir de bénir le peuple d’Israël, et mes bénédictions portent des fruits. Mais il a posé une condition : que je ne dise jamais de mal sur aucun Juif. C’est pourquoi je ne veux ni voir ni entendre du mal sur un Juif, et je ne veux même pas penser du mal sur un Juif.

Je ne suis prêt à renoncer à ce pouvoir de bénédiction pour aucune richesse au monde. Seriez-vous, vous-mêmes, prêts à y renoncer ? Je me sens lié à chaque Juif, et c’est pourquoi je peux vous assurer que je ne veux entendre aucun dénigrement sur un Juif, et encore moins signer contre lui. »

Après ces paroles, les hommes n’eurent plus rien à ajouter et partirent.

Nous sommes tous des Baba Salé

Lorsque j’ai entendu cette histoire, j’ai été profondément impressionné.

Certes, le Rav Elyahou avait reçu une force de bénédiction de Baba Salé, mais en réalité chaque Juif possède une force de bénédiction.

Avraham Avinou a été béni par HaChem : « Et tu seras une bénédiction ». Selon Rachi, cela signifie : « Les bénédictions sont remises entre tes mains. Jusqu’à présent, elles étaient entre Mes mains : Je bénissais Adam et Noa’h ; désormais, c’est toi qui béniras qui tu voudras. »

Cette bénédiction fut transmise à sa descendance : Its’hak, puis Yaakov, et jusqu’à aujourd’hui, où nous bénissons nos enfants avec la bénédiction de Yaakov. Ainsi, chacun de nous possède une force de bénédiction.

Baba Salé ztsl, a conditionné cette force à l’interdiction de parler du mal d’un Juif, car il savait une chose fondamentale : si tu veux bénir Israël, tu dois aimer Israël.

Et cela ne concerne pas seulement un grand juste : cela concerne chacun de nous.

Nous voulons tous bénir nos enfants, notre famille, nos amis, les malades, les blessés, les célibataires… et nous voulons que nos bénédictions aient un effet réel. Mais cela dépend d’une chose : ne pas parler négativement, ne pas se détacher d’un Juif, fuir la dispute et la haine gratuite comme on fuit le feu.

Ce qui est en jeu

Rabbi Shimshon Barski ztsl écrit que la dispute et la haine gratuite sont des désirs et des mauvaises qualités comme les autres. Mais leur danger principal est qu’elles se déguisent en vérité et en zèle pour HaChem. Ainsi, on ne reconnaît pas leur véritable nature et on ne se protège pas contre elles. Au contraire, celui qui se dispute a l’impression d’accomplir une grande mitsva. C’est pourquoi, avant de parler sur un Juif, et a fortiori sur des groupes du peuple d’Israël ou des rabbanim et des talmidei ‘hakhamim, il faut réfléchir : Imagine-toi juste avant le mariage de ta fille, au moment où tu t’approches pour la bénir d’une bénédiction de père. Veux-tu que ces mots soient vides, ou des bénédictions pleines de vie qui l’accompagneront toute son existence ? Vaut-il la peine de perdre la force de telles bénédictions à cause de paroles négatives sur un Juif ?

Un seul peuple – un seul cœur

Le Or Ha’hayim Hakadoch explique une idée profonde : la force de la bénédiction dépend de la force de l’amour.

Donc, en théorie, on pourrait demander : si j’aime ma fille au moment de la bénir pourquoi cela dépendrait-il de mon attitude envers d’autres personnes ?

La réponse est que le peuple d’Israël est un seul corps, un seul cœur. Si tu n’aimes pas un Juif, il manque quelque chose à ton amour pour l’ensemble du peuple juif.

Rabbi Na’hman enseigne que celui qui parle négativement d’un seul Juif porte atteinte à son amour de la Torah et ne pourra pas s’y tenir avec constance. Nous sommes tous des lettres de la Torah, et toutes nos âmes ne forment qu’une seule âme.

Si tu es déconnecté d’un seul Juif, tu es en réalité partiellement déconnecté de tout le peuple d’Israël, et même tes bénédictions sur tes enfants deviennent plus faibles.

C’est pourquoi les tefillin de la tête comportent quatre compartiments séparés, tandis que les tefillin de la main n’en ont qu’un seul : dans la pensée, il peut y avoir des différences, mais dans le cœur, nous devons être un seul cœur.

Dans une famille, cela est évident : blesser son frère, c’est blesser ses parents ; blesser ses parents, c’est se blesser soi-même.

De même, le peuple d’Israël est une seule famille. Nuire à un autre Juif, même éloigné, revient à se nuire à soi-même. La destruction n’est pas seulement une conséquence de la haine : la haine elle-même est la destruction.

Le livre Devarim est le discours d’adieu de Moché Rabbénou. Il commence par des reproches, mais empreints d’amour, et termine par des bénédictions pleines d’affection pour Israël

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