
Un petit pas qui change le monde
Le 33ᵉ président des États-Unis, Harry Truman, marqua l’Histoire par ses décisions majeures, dont celle d’utiliser la bombe atomique contre le Japon, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.

Le 33ᵉ président des États-Unis, Harry Truman, marqua l’Histoire par ses décisions majeures, dont celle d’utiliser la bombe atomique contre le Japon, mettant fin à la Seconde Guerre mondiale.
Très attendu par les citoyens, son discours hebdomadaire devait permettre à la nation de suivre ses décisions et ses orientations. Après consultation d’experts, le vendredi soir à 20 heures fut choisi, considéré comme le moment idéal pour réunir la plus grande audience.
La majorité des citoyens accueillit la nouvelle avec enthousiasme. Seuls les Juifs pratiquants furent attristés, non pour eux-mêmes, prêts à renoncer au discours afin de respecter le Chabbat, mais parce qu’ils craignaient que cette décision mette de nombreux Juifs en difficulté, notamment ceux travaillant dans les médias ou auprès du président.
Ces Juifs furent attristés, mais Mme Berel ne put rester indifférente. Elle pensa aux nombreux Juifs risquant de transgresser le Chabbat et décida d’écrire directement au président Truman pour lui demander de changer l’horaire du discours.
« À l’attention de Monsieur Harry Truman, Président des États-Unis,
Permettez-moi tout d’abord de vous remercier pour la remarquable manière dont vous dirigez notre pays. J’ai appris avec joie que vous alliez prononcer un discours hebdomadaire, que j’aurais sincèrement aimé écouter.
Cependant, des milliers de Juifs pratiquants, dont je fais partie, ne pourront l’écouter, car le Chabbat nous interdit d’utiliser des appareils électriques. Je vous serais donc très reconnaissante de bien vouloir fixer ce discours à un autre moment de la semaine. Je vous remercie sincèrement de votre compréhension. »
Elle signa la lettre et l’envoya à la Maison-Blanche.
Chaque jour, la Maison-Blanche recevait des milliers de lettres, dont la grande majorité n’était jamais lue. Il semblait impossible que celle de Mme Berel parvienne jusqu’au président.
Et pourtant…
Elle l’envoya malgré tout.
C’était le seul geste qu’elle pouvait faire. Sans relations ni influence, elle accomplit simplement sa part pour préserver la sainteté du Chabbat.
Trois semaines plus tard, lors de son allocution hebdomadaire, le président annonça officiellement que, désormais, son discours ne serait plus diffusé le vendredi soir, mais à un autre moment de la semaine.
Incroyable… et pourtant vrai.
Nul ne sait pourquoi cette lettre fut lue, comment elle arriva jusqu’au président, ni ce qui le poussa à modifier sa décision et à écarter les recommandations des experts. Mais les faits sont là : une femme simple, grâce à une lettre courte et sincère, réussit à faire changer l’horaire des discours du président des États-Unis, permettant ainsi à d’innombrables Juifs d’éviter une profanation régulière du Chabbat.
Cette histoire extraordinaire, rapportée par le fils de Mme Berel, illustre avec une force remarquable la portée d’un simple pas accompli dans la bonne direction.
Même lorsqu’un acte paraît insignifiant, même lorsqu’il semble voué à l’échec, mais qu’un Juif accomplit ce qui dépend de lui alors que la révolution commence. Peu à peu, elle prend forme, devient réalité et produit des résultats que personne n’aurait pu imaginer !

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