
L’homme qui ne connaissait pas la peur
Rachi enseigne : « Même le seul mérite de réciter le Chema Israël suffit pour être sauvé. »

Le monde intérieur de celui qui croit
« Il nous arrivait de passer plusieurs semaines déguisés en Arabes, au cœur du territoire ennemi, sans aucune possibilité de secours. Malgré notre entraînement d’élite, la peur ne nous quittait jamais : et si nous étions découverts ? Et si l’on cherchait à nous tuer ? Garder son sang-froid et empêcher ses mains de trembler relevait d’un véritable combat intérieur.
Mais parmi nous se trouvait un combattant différent : Emmanuel Moreno. Il ne semblait connaître aucune peur. Calme en toutes circonstances, il agissait avec une sérénité étonnante, comme un poisson dans l’eau. Nous pensions qu’il était simplement plus courageux que nous. Ce n’est que quelques heures avant sa mort que nous avons compris le secret de sa force : une foi inébranlable. » Voici le témoignage de l’un de ses compagnons d’armes.
« Avant sa dernière mission au Liban, nous attendions d’embarquer dans les hélicoptères. Une semaine plus tôt, l’un des nôtres avait été abattu et plusieurs camarades étaient tombés. Emmanuel me demanda : « Si notre hélicoptère était touché et qu’il ne nous restait que cinq secondes à vivre, que ferais-tu ? »
Je répondis : « Je serais terrorisé, attendant simplement que tout se termine le plus vite possible. »
Il me dit alors : « Moi, je réciterais le Chema Israël. Et c’est aussi ce que tu devrais faire. »
Je lui souris avec une certaine ironie. Je venais d’un kibboutz et j’étais loin de la foi. Je lui répondis avec scepticisme : « À quoi cela servirait-il ? Dans quelques instants, nous ne serons plus que poussière… »
Emmanuel me répondit avec une simplicité bouleversante : « Si tu crois qu’après ces cinq secondes commence l’éternité, alors ces cinq secondes ont une valeur infinie. Ne les méprise jamais. »
« Mais si ces cinq secondes n’ont aucun sens, alors toute une vie n’en aurait pas non plus, puisque chacun retourne finalement à la poussière. »
Après la mort héroïque d’Emmanuel, ses compagnons comprirent que cette conversation révélait le secret de sa force : sa foi lui permettait d’affronter les situations les plus terrifiantes sans peur.
Eux n’étaient pas des lâches ; ils étaient simplement… humains.
Lui était autre chose. On appelle cela un homme de foi.
La foi est au-dessus de la nature
Cette histoire éclaire les paroles du Cohen oint avant la guerre : « Écoute Israël ! Vous approchez du combat contre vos ennemis. Que votre cœur ne défaille pas, ne craignez pas et ne tremblez pas devant eux. »
La Torah enseigne ainsi que le soldat juif doit dépasser la peur, comme le précise également le Michné Torah.
Comment peut-on interdire un sentiment aussi naturel, surtout en pleine guerre ?
Le champ de bataille est rempli de terreur : le sang, le feu et la destruction. Les récits des soldats témoignent de peurs profondes et de traumatismes durables. Comment la Torah peut-elle demander à l’homme de dépasser une réaction aussi naturelle ?
La Torah nous donne elle-même la réponse : La foi c’est savoir que HaChem est avec toi. HaChem t’aime.
Quand HaChem est avec toi, qui peut toucher celui qu’Il aime ?
Tu es protégé partout, même dans les endroits les plus dangereux.
« Lorsque tu partiras en guerre contre ton ennemi et que tu verras des chevaux, des chars et un peuple plus nombreux que toi, ne les crains pas, car HaChem ton D.ieu est avec toi, Lui qui t’a fait monter du pays d’Égypte. »
Ils sont plus nombreux ? Et alors ? Rien n’empêche HaChem de sauver quel que soit le nombre.
David affronta le géant philistin, non avec l’épée ni la lance, mais au Nom d’HaChem.
On pourrait penser que cela ne concerne que les grands tsadikim. Mais Rachi enseigne le contraire : « Même le seul mérite de réciter le Chema Israël suffit pour être sauvé. »
Tout ne dépend pas du niveau spirituel ni des mérites, mais de la foi. Même le Juif le plus simple peut vaincre la peur s’il garde en son cœur cette vérité éternelle : HaChem est avec lui.
HaChem m’aime. Il est toujours avec moi. Tout ce qu’Il fait est pour mon bien, et Il me fera encore davantage de bien.
« HaChem est Un »
Le mot “Un” (אחד) possède la même valeur numérique que le mot “amour” (אהבה).
Certes, les modes de conduite divine changent : parfois la justice, parfois la miséricorde.
Mais la foi nous enseigne qu’en réalité tout est Un. Tout est amour. Et cela ne changera jamais.
Rabbi Nathan de Breslev enseigne que ce message ne concerne pas seulement la guerre, mais toute la vie, qui est un combat, surtout contre le mauvais penchant.
Son arme principale est de semer la peur et le découragement pour nous faire perdre notre équilibre. Mais celui qui est profondément attaché à la foi garde sa sérénité : HaChem est avec moi, Il est à mes côtés, Il m’aime.
« HaChem est ton gardien, HaChem est ton ombre à ta droite. »
Il est près de moi, Il me protège, veille sur mon âme et guide mes pas pour toujours.
Avec cette confiance, chacun peut dépasser ses angoisses, agir avec justesse et réussir dans sa vie comme dans son service divin, car HaChem accompagne chacun d’entre nous.
Celui qui vit, pense et parle avec foi se libère de la peur.
Tant de personnes vivent dans l’angoisse, prisonnières de leurs inquiétudes, perdant le sommeil et la sérénité. Quelle tristesse de voir des cœurs juifs accablés par la peur.
Pourquoi ?
« Car HaChem votre D.ieu marche avec vous pour combattre vos ennemis et vous sauver. »
Comprends-tu qui marche à tes côtés ? Qui combat pour toi ? Qui te délivre ? C’est le Maître de l’univers Lui-même. Qui pourrait Lui dire ce qu’Il doit faire ? HaChem est avec toi, Juif.
« Reste calme, ne crains pas et que ton cœur ne défaille pas. » Sois fort et prends courage.



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