
Hachem veut ton cœur, pas te prendre en faute
Je ne fais plus une mitsva uniquement en pensant : « Attention, si je ne la fais pas, que va-t-il m’arriver ? »

À quoi sert un policier ? En principe, à protéger la population. Pourtant, lorsque nous apercevons un policier, il peut arriver que notre premier réflexe soit la crainte : « Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal ? Est-ce que je vais recevoir une contravention ? »
Malheureusement, nous pouvons parfois transposer cette même vision dans notre relation avec Hachem.
Nous imaginons alors Dieu comme le « flic » du monde : Il nous surveille, observe chacune de nos erreurs, vérifie si nous avons respecté toutes les règles et attend le moindre faux pas pour nous sanctionner.
Mais Hachem n’a pas créé le monde pour distribuer des contraventions.
Et les mitsvot ne sont pas un immense code de la route spirituel destiné à nous prendre en faute.
Les mitsvot sont avant tout des chemins de rapprochement. Elles nous apprennent à vivre, à sanctifier notre quotidien, à maîtriser nos instincts, à respecter l’autre, à travailler sur nous-mêmes et surtout à construire une relation avec Hachem.
Bien entendu, la Torah comporte des obligations et des interdictions. Nos actes ont des conséquences et l’homme est responsable de ses choix. Mais il y a une immense différence entre la responsabilité et la peur permanente de la sanction.
Hachem ne cherche pas à nous surprendre en faute. Il cherche à nous rapprocher de Lui.
Et lorsque nous tombons, Il nous a donné quelque chose d’extraordinaire : la téchouva. Nous pouvons reconnaître, réparer, revenir et recommencer. La faute n’est donc pas nécessairement la fin du chemin ; elle peut devenir le point de départ d’un retour vers Lui.
C’est précisément ce que nous proclamons chaque jour dans le Birkat Hamazon :
« Il nous a fait du bien, Il nous fait du bien et Il nous fera du bien. »
Le passé, le présent et l’avenir sont ainsi placés sous le signe de Sa bonté.
Nous ne disons pas : « Hachem est bon uniquement lorsque tout se passe comme je le souhaite. » Nous affirmons quelque chose de beaucoup plus profond : Sa bonté demeure même lorsque je ne la vois pas encore, même lorsque je traverse une difficulté et même lorsque je ne comprends pas Ses voies.
Alors notre rapport aux mitsvot change complètement.
Je ne fais plus une mitsva uniquement en pensant : « Attention, si je ne la fais pas, que va-t-il m’arriver ? »
Je peux me demander :
« Qu’est-ce qu’Hachem veut m’offrir à travers cette mitsva ? Que veut-Il m’apprendre ? Comment cette mitsva peut-elle me rapprocher de Lui et faire de moi une personne meilleure ? »
La peur de la contravention laisse alors progressivement la place à la confiance.
Car le fondement de notre relation avec Hachem n’est pas celui d’un citoyen terrorisé devant un policier.
C’est celui d’une créature qui apprend à faire confiance à son Créateur.
Il nous a fait du bien.
Il nous fait du bien.
Et Il nous fera du bien.
Voilà pourquoi servir Hachem ne devrait pas signifier vivre constamment dans la peur de mal faire. Cela signifie apprendre à marcher avec Lui, à respecter Ses limites, à accomplir Ses mitsvot et à croire, même lorsque nous ne comprenons pas encore, que derrière tout cela se trouve une volonté profondément bonne.
Les mitsvot ne sont pas des contraventions que l’on cherche à éviter. Elles sont des rendez-vous avec Hachem.

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