
Le « quoi faire » et le « comment »
Je sais que mon comportement n’est pas bon. Je n’ai pas besoin que vous me l’expliquiez. Ce dont j’ai besoin, c’est que vous me montriez comment changer.Ne me dites pas seulement quoi faire, dites-moi comment le faire ! »

Que faire lorsqu’un adolescent se comporte mal, n’écoute ni ses parents ni ses éducateurs, ou prend une mauvaise direction ?
C’est d’abord une épreuve pour l’éducateur : ne pas exploser, garder son calme et sa dignité, et éviter les reproches qui risquent d’éloigner davantage l’adolescent.
Après avoir retrouvé son calme, il peut avoir avec lui une conversation sérieuse et respectueuse. Mais lui expliquer simplement pourquoi son comportement est mauvais suffira rarement à le faire changer. Cela risque surtout d’augmenter la frustration et la tension.
Car l’adolescent ne peut souvent pas nous dire cette vérité toute simple :
«Je sais que mon comportement n’est pas bon. Je n’ai pas besoin que vous me l’expliquiez. Ce dont j’ai besoin, c’est que vous me montriez comment changer.
Ne me dites pas seulement quoi faire, dites-moi comment le faire ! »
Car la plupart des gens savent ce qui est bien, mais peinent à le mettre en pratique. Le problème n’est pas toujours le savoir, mais de trouver le bon conseil et la bonne manière d’agir.
Si vous voulez vraiment aider votre enfant ou votre élève, ne lui dites donc pas seulement quoi faire. Comprenez ses difficultés et donnez-lui un conseil concret et adapté pour lui montrer comment changer.
Moché Rabbénou connaît profondément le peuple d’Israël. Dans Dévarim, il lui rappelle son passé, ses faiblesses, les fondements de la foi et le prépare à entrer en Terre d’Israël.
Mais cela ne suffit pas. Il sait que les difficultés continueront :
« Car je sais qu’après ma mort, vous vous corromprez… »
Le peuple peut entendre ses paroles et penser :
« Tout ce que tu dis est vrai, mais comment faire ? C’est difficile, mon mauvais penchant est fort. J’essaie et j’échoue… »
C’est pourquoi la conclusion de tout ce livre est un conseil pratique :
Ce conseil doit être accessible à chaque Juif, car la Torah a été donnée à tout le peuple d’Israël.
« Vous êtes tous debout aujourd’hui… »
Il énumère, des chefs et anciens jusqu’aux bûcherons et porteurs d’eau, et s’adresse aussi à toutes les générations :« Et non pas avec vous seuls… ceux qui sont ici aujourd’hui et ceux qui ne sont pas ici aujourd’hui. »
Car la Torah est accessible à chaque Juif.
« Elle n’est pas dans les cieux », Mais comment les personnes faibles peuvent-elles accomplir les exigences de la Torah ? Nous savons quoi faire, mais comment y parvenir ?
La réponse est : la téchouva.
« Car cette chose est très proche de toi, dans ta bouche et dans ton cœur, pour l’accomplir. »
Tout le monde peut faire téchouva. Même après avoir échoué et chuté, chacun peut toujours revenir vers HaChem.
Ouvre ta bouche et exprime les paroles de ton cœur. Tu peux ainsi te réparer encore et encore jusqu’à devenir conforme à la volonté d’HaChem.
L’essentiel de la téchouva c’est : décider de changer concrètement. C’est ce qu’HaChem attend de nous.
Nous avons déjà pris des résolutions encore et encore, et cela n’a pas marché. Que faire ?
Prier.
Demander à HaChem de nous aider.
C’est: « Dans ta bouche et dans ton cœur, pour l’accomplir. »
La téchouva, c’est la prière.
Car sans l’aide d’HaChem, nous ne pouvons pas vaincre notre mauvais penchant. Alors tiens-toi devant Lui et demande :
« Papa, aide-moi ! Je n’y arrive pas tout seul ! »
Pour comprendre cela, il n’est pas nécessaire d’être parmi les grands de la génération, les anciens ou les chefs du peuple. Même les bûcherons et les porteurs d’eau peuvent le comprendre.
Et on ne peut pas dire : « Cela était vrai pour la génération de Moché Rabbénou, mais notre génération est différente. »
C’est valable pour notre génération comme pour toutes les générations.
Nous avons une bouche, et nous pouvons — et devons — demander de l’aide à HaChem.
C’est pourquoi l’accomplissement plein et entier de la Torah est accessible à chaque personne, à chaque génération.
Prenez tout le livre de Dévarim — le livre des « paroles » — et transformez-le en paroles de prière.
Priez pour pouvoir accomplir la Torah. Ainsi, vous pourrez revenir vers HaChem quelle que soit votre situation et mériter de vivre selon Sa volonté.
Le mot Nitsavim évoque aussi la prière, comme le dit Hanna, qui est considérée comme la mère de la prière :
« Je suis cette femme qui se tenait ici auprès de toi pour prier HaChem. »
Dans l’étude et l’accomplissement de la Torah, il existe de grandes différences de niveau entre les chefs et les anciens du peuple et les gens les plus simples.
Mais dans la prière :
« Vous êtes tous Nitsavim » — vous êtes tous debout.
Nous avons tous la même capacité de prier.
Et c’est pourquoi l’accomplissement de la Torah appartient à chacun d’entre nous.
Rabbi Na’hman de Breslev a ordonné et institué pour chaque Juif de consacrer chaque jour une heure à l’hitbodédout : fixer chaque jour un moment pour demander à HaChem de nous aider à accomplir la Torah, à mettre en pratique ce que nous apprenons.
C’est le conseil essentiel de la Torah pour parvenir à l’accomplir.
Comme l’a dit Rabbi Nathan de Breslev : Moché Rabbénou nous a donné la Torah, mais notre saint Rabbi nous a donné l’accomplissement de la Torah.
Rabbi Na’hman nous a montré comment mettre concrètement toute la Torah en pratique.
À la veille de Roch Hachana, prenons donc sur nous son conseil essentiel : consacrer chaque jour au moins une heure à l’hitbodédout.
Mes amis, étudiez le livre « A travers champs et forêts », il explique le « comment », comment accomplir la Torah.
Nous voulons véritablement une bonne année. Nous voulons un véritable nouveau départ.
Et le chemin est d’être Nitsavim — de rester fermes !
Être forts dans la prière, consacrer chaque jour un temps important à demander à HaChem, avec notre bouche et notre cœur, de pouvoir véritablement accomplir la Torah.
Chana Tova, une nouvelle année remplie de bénédictions !



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