
Le cadeau d’HaChem à l’humanité
Notre machine à café s’arrêta de fonctionner. Ce fut la panique. Nous comprenions désormais cet ami qui nous avait confié qu’il pouvait jeûner à Yom Kippour, mais que se passer de café, ça, c’était difficile !

Une baisse de tension à Roch Hachana m’a laissé sans café — et mon Rav m’a surpris alors que j’étais à moitié passé par la fenêtre de la cuisine de la synagogue. Ce qui avait commencé comme une recherche désespérée d’eau chaude m’a ouvert les yeux sur un miracle caché derrière chaque interrupteur.
Nous remercions HaChem lorsque le courant revient. Mais pensons-nous à Le remercier pour ce qui permet à l’électricité de fonctionner sans interruption ?
Il y eut une baisse de tension à Roch Hachana. Cela arriva vers 4 h 30 du matin, le premier jour.
Notre machine d’au chaude s’arrêta de fonctionner. Ce fut la panique. Nous comprenions désormais cet ami qui nous avait confié qu’il pouvait jeûner à Yom Kippour, mais que se passer de café, ça, c’était difficile !
C’est alors que je décidai d’aller à notre synagogue.
Le Rav connaît bien ses fidèles. Il veille toujours à ce qu’une cafetière pleine et des pâtisseries fraîches attendent ceux qui viennent au minyan du matin. Je me suis dit que je pourrais entrer, remplir quelques gobelets d’eau chaude, rentrer à la maison et préparer du café.
J’arrive sur place et là, catastrophe : la synagogue est fermée à clé.
Désespéré, je repère la fenêtre de la cuisine. Elle est ouverte.
Je commence donc à l’enjamber.
Et précisément au moment où je me retrouve à moitié à l’intérieur de la pièce, qui arrive ?
Le Rav.
Il découvre l’un de ses fidèles en train de s’introduire dans la cuisine par la fenêtre !
Il sourit et me fait signe de la main.
Je redescends.
Dix secondes plus tard, la porte de la synagogue s’ouvre et le Rav m’accueille avec un sourire.
— « ton koumkuom ne fonctionne plus, n’est-ce pas ? »
Mon Rav est un pionnier. Il vit ici depuis cinquante ans, depuis l’époque où Afula n’était encore qu’une toute petite localité agricole. Les baisses de tension et les minuteries de Yom Tov déréglées, il connaît.
— « Rav, tout va bien chez vous ? Vos minuteries fonctionnent ? »
Il sourit.
— « Oui. La baisse de tension les a décalées d’une heure. Tout fonctionne, simplement une heure plus tard. »
Il garde son calme tout en déplaçant cinquante Ma’hzorim vers une autre table. La baisse de tension a également affecté le climatiseur, qui laisse maintenant couler de la condensation sur les trois livres de prières posés au-dessus de la pile.
— « Je peux vous aider ? »
— « David », me dit le Rav calmement, avec cependant une légère urgence dans la voix.
« Apporte son café à ta femme. »
Ça, c’est mon Rav.
Nous considérons comme évident de pouvoir commencer notre journée avec un café chaud.
Nous considérons comme évident de pouvoir y ajouter du lait froid.
Nous savons que les lumières resteront allumées jusque tard dans la nuit et que le climatiseur commencera son combat contre la chaleur avant même que beaucoup d’entre nous ne soient levés.
Mais en une fraction de seconde, toutes ces évidences peuvent être remises en question.
Il aura suffi d’une simple baisse de tension pour nous le rappeler.
Baroukh HaChem, la baisse de tension n’a pas désactivé les minuteries ; elle les a seulement retardées.
Si la panne avait complètement neutralisé les minuteries, aucune cafetière d’Afula n’aurait fonctionné. Personne n’aurait eu de climatisation. Les fours et les plaques chauffantes n’auraient pas fonctionné non plus.
Les trente-six heures suivantes de Roch Hachana auraient alors été passées dans une chaleur étouffante, avec des repas froids.
Miraculeusement, ce Roch Hachana, HaChem nous a permis d’entrevoir, pendant quelques instants, ce que serait notre vie sans ce miracle qu’est l’électricité.
Mais derrière ce cadeau se cache un miracle encore plus grand.
La bonté constante de HaChem
Les mécanismes conçus par l’homme permettent de produire et d’utiliser l’électricité — et parfois les pannes humaines l’interrompent. Mais c’est la Création de HaChem qui rend tout cela possible.
Et plus encore : la constance des lois de l’électromagnétisme constitue elle-même une immense bonté de HaChem.
En 1831, le scientifique Michael Faraday découvrit qu’en déplaçant un aimant à travers une bobine de fil conducteur, on pouvait produire un courant électrique. Aujourd’hui encore, une immense partie de la production mondiale d’électricité repose sur le principe de l’induction électromagnétique, qui demeure constant depuis que l’homme l’a découvert.
Dans notre Siddour, nos Sages nous font dire :
« Dans Sa miséricorde, Il éclaire la terre et ceux qui l’habitent ; dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création. »
Voilà peut-être le miracle le plus extraordinaire.
Nous pouvons construire des centrales électriques ainsi que tous ces appareils devenus indispensables à notre quotidien — réfrigérateurs, fours, climatiseurs — parce que HaChem maintient les lois de la nature d’une manière constante, stable et prévisible.
Les anciens Égyptiens avaient déjà observé certains phénomènes électriques. Les Grecs de l’Antiquité également. D’ailleurs, le mot « électricité » trouve son origine dans le grec ancien.
HaChem a créé l’électron, infiniment petit, doté d’une charge électrique précise. Il l’a créé de telle manière que le déplacement des électrons permet la circulation du courant électrique.
C’est déjà extraordinaire de penser que HaKadoch Baroukh Hou a créé tout cela lors de la Création du monde.
Mais ce qui doit véritablement nous remplir d’émerveillement, c’est que depuis l’instant où Adam HaRichon a ouvert les yeux jusqu’à la dernière fois où vous avez consulté vos e-mails, ces lois — ou devrais-je dire cette bonté constante de HaChem — n’ont jamais cessé de fonctionner.
Imaginons qu’à un instant donné, HaChem décide que les aimants n’agissent plus de la même manière sur les électrons.
Ou que le cuivre empêche désormais le courant électrique de circuler au lieu de le conduire.
Ou encore que les propriétés fondamentales des électrons cessent soudainement d’être constantes.
Les lumières s’éteindraient partout.
Chaque coupure de courant dans notre maison nous donne donc un minuscule aperçu de ce qui arriverait si HaChem cessait de nous accorder, ne serait-ce qu’un instant, cette extraordinaire stabilité de la Création.
Chaque fois qu’un confort du monde moderne nous manque, nous recevons une occasion exceptionnelle de remercier HaChem pour tout ce qui nous paraît habituellement évident :
l’eau chaude, une boisson fraîche, la lumière, le réfrigérateur, la climatisation…
Si nous faisions réellement le compte de tous les miracles que HaChem nous accorde à chaque instant, nous pourrions comprendre, profondément et intérieurement, le célèbre enseignement de Rabbi Na’hman :
אֵין שׁוּם יֵאוּשׁ בָּעוֹלָם כְּלָל
« Il n’existe absolument aucun désespoir dans le monde. »


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