
Sim’hat Torah – Danser avec notre vie
Le Zohar compare ce moment à un roi qui organise un immense banquet. Lorsque tous les invités sont partis, il se tourne vers ceux qu’il aime et leur dit :« Maintenant, restons entre nous . »

Après tous les jours de Souccot, après toutes les mitsvot, HaChem dit au peuple d’Israël :
« Restez encore un jour avec Moi. Votre séparation M’est difficile. »
HaChem ne dit pas : « Faites encore quelque chose pour Moi. »
Il dit :« Restez avec Moi. » C’est cela, toute la Torah.
Avant les commandements, avant les interdictions, avant même notre niveau dans l’étude, il y a une chose fondamentale que nous devons savoir :
HaChem nous aime et veut notre proximité.
Le Zohar compare ce moment à un roi qui organise un immense banquet. Lorsque tous les invités sont partis, il se tourne vers ceux qu’il aime et leur dit :
« Maintenant, restons seulement ensemble. »
Et voilà pourquoi cette journée conduit naturellement à Sim’hat Torah.
Car comment le peuple juif répond-il à cet amour ?
Il prend la Torah et il danse.
À Sim’hat Torah, nous dansons avec le Séfer Torah fermé.
Pourquoi ne pas montrer combien nous avons étudié ?
Parce qu’à cet instant, HaChem ne regarde pas combien de pages tu connais.
Il regarde combien tu aimes Sa Torah. Il y a celui qui connaît tout le Chass, celui qui connaît quelques michnayot, celui qui étudie difficilement et même celui qui ne sait presque rien. Quand commencent les hakafot, tous prennent la même Torah. Et tous dansent.
La connaissance peut séparer les niveaux mais l’amour de la Torah unit toutes les âmes.
La Torah est aussi pour toi. HaChem t’attend aussi. Toi aussi, tu peux recommencer.
Alors prends le Séfer Torah dans tes bras et danse !
Le consul qui ne comprenait pas
On raconte qu’un consul d’Australie participa un jour à Sim’hat Torah.
Il vit des hommes, des jeunes et des enfants danser avec les Sifré Torah.
Il vit leurs visages. Il entendit les chants.
Il observa cette foule qui tournait encore et encore autour de la Torah avec une joie qu’il avait rarement rencontrée.
Il demanda :« Qu’y a-t-il dans ces rouleaux pour que vous soyez tellement heureux ? » On lui répondit : « C’est la Torah. »
On lui expliqua alors : « Elle nous enseigne toute notre manière de vivre. Le Chabbat, ce que nous pouvons manger, ce que nous ne pouvons pas manger, comment parler, comment nous comporter, ce qui est permis, ce qui est interdit… »
Le consul n’en revenait pas.
Il regarda encore les gens danser et s’étonna :
« Vous êtes peut-être le seul peuple au monde capable de danser avec autant de joie avec le livre qui lui impose autant de règles ! »
Quelle remarque extraordinaire !
Ce consul ne voyait que les interdictions mais le Juif qui dansait voyait autre chose.
Il voyait l’amour d’HaChem. Voilà toute la différence.
Si je crois qu’HaChem veut m’empêcher de vivre, chaque mitsva devient une contrainte. Mais lorsque je crois qu’HaChem m’aime, je comprends que la Torah n’est pas venue m’enlever la vie.
Elle est venue m’apprendre à vivre.
Le Chabbat n’est plus : « Je n’ai pas le droit. » Il devient : « HaChem m’offre un jour pour vivre autrement. »
La cacherout n’est plus seulement : « Cela est interdit. »
Elle devient :« Même lorsque je mange, je peux être relié à HaChem. »
La Torah prend chaque partie de notre existence et lui donne une direction, une sainteté, un sens.
Alors oui, nous dansons avec ce qui nous oblige. Parce que nous savons Qui nous l’a donné.
Un enfant accepte parfois de prendre la main de son père sans savoir où son père l’emmène.
Pourquoi ? Parce qu’il connaît son père.
Voilà la émouna. La émouna ne signifie pas que je comprends tout.
Elle signifie : « Je sais avec Qui je marche. »
Et c’est peut-être précisément pour cela que le Séfer Torah est fermé.
Je ne comprends pas encore tout. Je n’ai pas encore étudié tout.
Je n’arrive même pas encore à accomplir tout. Mais je danse déjà.
Parce que ma joie ne commence pas là où commence ma compréhension.
Elle commence là où commence mon lien avec HaChem.
La Torah descend jusqu’aux pieds
Toute l’année, nous mettons la Torah dans notre tête.
À Sim’hat Torah, nous faisons quelque chose de beaucoup plus étonnant :
nous la faisons descendre jusqu’aux pieds.
Nous dansons. Comme si nous disions : « Maître du monde, il y a des choses que je comprends et des choses que je ne comprends pas. Il y a des moments où je réussis et d’autres où je tombe. Mais il y a une chose que je ne veux jamais oublier : je suis à Toi. Ta Torah est à moi. Et je ne veux jamais me séparer de Toi. »
Voilà la joie de Sim’hat Torah.
Ce n’est pas la joie de la perfection.
C’est la joie de l’appartenance.
Et regardez comme c’est merveilleux : nous arrivons au dernier mot de la Torah et que faisons-nous ?
Nous recommençons immédiatement :
« Beréchit… »
Pourquoi ?
Parce qu’un Juif ne dit jamais :
« C’est fini. »
Tu es tombé ?
Beréchit.
Tu as perdu du temps ?
Beréchit.
Tu as fait des erreurs ?
Beréchit.
Tu as soixante-dix ans et tu voudrais aujourd’hui commencer à étudier davantage ?
Beréchit !
Rabénou nous apprend que tant que l’homme respire, il peut recommencer.
Voilà peut-être pourquoi nous dansons lorsque nous terminons la Torah.
Nous ne dansons pas simplement parce que nous sommes arrivés à la fin.
Nous dansons parce que nous avons découvert qu’avec HaChem, chaque fin peut devenir un nouveau commencement.
Le consul voyait un peuple danser avec ses interdictions.
Mais nous nous savons ce qu’il voyait réellement : un peuple danser avec son Père.
Et lorsqu’un homme sait qu’HaChem l’aime, lorsqu’il croit que la Torah lui a été donnée pour son bien, alors même ce qu’il ne comprend pas encore peut devenir une source de joie.
C’est cela la émouna.
C’est cela Sim’hat Torah.
Et c’est peut-être toute la Torah en une seule phrase :
Je ne danse pas parce que j’ai tout compris. Je danse parce que je sais que je suis entre les mains d’HaChem.



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