
Une véritable éducation
Chers parents, cela ne vient pas d’une mauvaise intention. Nous voulons le bien de nos enfants, nous avons des objectifs éducatifs précis, mais ne nous trompons pas sur l’essence même de l’éducation : l’âme de l’enfant est ce qu’il y a de plus important.

« Professeur, vous souvenez-vous de moi ? »
L’enseignant reconnut rapidement l’ancien élève.
« Oui, tu étais en troisième année. Que deviens-tu ? »
« Je suis enseignant, grâce à vous. Votre influence m’a inspiré à transmettre le bien aux autres. »
Intrigué, le professeur demanda :
« Quelle influence ai-je eue ? »
« Un jour, un camarade avait une belle montre. Jaloux, je l’ai volée. L’enfant a pleuré, et vous avez décidé de fouiller nos poches, mais en demandant à chacun de fermer les yeux. Terrifié, j’ai senti votre main trouver la montre dans ma poche. Vous l’avez retirée sans rien dire. Puis vous avez simplement déclaré : “Ici, il n’y a pas de voleurs, juste un mauvais penchant qui a tenté quelqu’un.” Vous n’avez jamais reparlé de cet incident, et votre attitude envers moi n’a pas changé.
Ce jour-là, vous m’avez protégé d’une humiliation qui aurait marqué ma vie. Vous m’avez sauvé. »
En grandissant, j’ai réalisé à quel point votre geste avait été crucial pour façonner ma personnalité et combien il était essentiel qu’il y ait plus d’enseignants comme vous. J’ai donc décidé de consacrer ma vie à l’éducation. »
L’ancien élève vit alors l’air surpris de son professeur. Étonné, il demanda :
« Quoi ? Vous voulez dire que vous ne vous souvenez pas de cette histoire ? Vous ne vous souvenez pas du nom du voleur de la montre ? »
« Je me souviens de l’histoire, répondit le professeur, mais je ne me souviens pas de ton nom… parce que moi aussi, j’avais fermé les yeux. »
Éduquer à la racine
Cette histoire est extraordinaire. C’est un double sacrifice. Non seulement l’enseignant a protégé l’honneur de l’élève, mais il a aussi choisi de ne pas savoir, de ne pas voir le mal en lui.
Puisse ce récit être toujours devant nos yeux lorsque nous avons la noble mission d’éduquer nos enfants, nos élèves et tous ceux qui nous entourent, à tout âge.
La semaine dernière, nous avons partagé une histoire sur l’importance d’accorder notre confiance aux enfants et de valoriser leur bien. Ce récit l’illustre sous un autre angle. Il existe plusieurs versions de cette histoire, mais elles soulignent toutes une leçon fondamentale sur notre comportement envers nos enfants.
En tant que parent, il arrive souvent que l’on se focalise sur un comportement problématique et que l’on pense devoir le corriger immédiatement. On peut même y parvenir : attraper le voleur, punir l’enfant rebelle, lui faire regretter son insolence… Mais à long terme, on risque de briser l’enfant. L’opération aura réussi, mais le patient sera mort…
L’éducation est un investissement à long terme. Chaque enfant est un arbre. On ne soigne pas les branches, on arrose les racines. Les fruits et les résultats viendront tout au long de la vie. Mais si l’on néglige les racines, l’arbre pourra sembler beau et verdoyant en apparence, alors qu’en réalité, il sera condamné.
La santé de l’âme : le fondement de l’éducation
Ce n’est pas difficile à comprendre. Chacun sait combien une humiliation, une rumeur malveillante, peut ruiner une vie entière, briser une carrière, un mariage, une réputation. Si cela est vrai pour un adulte, combien plus pour un enfant, dont l’âme est encore fragile.
Mais il ne s’agit pas seulement d’humiliation. Il suffit parfois qu’un enfant ressente un manque de confiance de la part de ses parents, qu’il perçoive un regard qui suggère l’échec, qu’il sente que son amour est conditionnel à ses performances… Cela peut détruire sa confiance en lui et miner son avenir.
Chers parents, cela ne vient pas d’une mauvaise intention. Nous voulons le bien de nos enfants, nous avons des objectifs éducatifs précis, mais ne nous trompons pas sur l’essence même de l’éducation : l’âme de l’enfant est ce qu’il y a de plus important.
On ne peut réussir dans l’éducation que lorsque l’enfant est en bonne santé émotionnelle.
Un jour, un père aperçut son fils rentrer de l’école, la mine abattue. C’était le jour de la remise des bulletins. Le père remarqua que l’enfant traînait dans la cour, hésitant à monter. Il comprit qu’il avait peur de rentrer à cause de ses notes.
Cet homme sage sortit alors, accueillit son fils chaleureusement, le serra dans ses bras et lui demanda :
« Mon fils, as-tu reçu ton bulletin ? »
L’enfant, sur le point de pleurer, répondit :
« Oui… mais il n’est pas bon. »
Le père savait que le véritable danger n’était pas le bulletin, mais l’état d’esprit de son fils. Alors, il prit le bulletin, le déchira en morceaux sous ses yeux et lui dit :
« Mon fils, je me moque de ce qui est écrit sur ce papier. Je t’aime dans toutes les situations, quoi qu’il arrive. N’aie jamais peur de rentrer à la maison, même si tu as zéro à un examen. Je t’aimerai toujours. »
Un tel geste donne à l’enfant une force immense pour grandir, s’améliorer et réussir, bien plus que mille sermons de morale ! Mais surtout, cela préserve son âme et lui ouvre les portes du succès dans la vie.
Parfois, mieux vaut fermer les yeux
Comme cet enseignant qui avait fermé les yeux pour ne pas voir le mal, en tant que parents et éducateurs, il est souvent préférable de détourner le regard.
Hachem Lui-même « ferme les yeux » et ne regarde pas les fautes d’Israël, comme le dit Rabbi Na’hman :
“Il n’a pas aperçu d’iniquité en Jacob, Il n’a pas vu d’injustice en Israël.” (Nombres 23:21)
Dieu ne voit que le bien.
Le principal enseignement de Rabbi Na’hman de Breslev est de chercher, de trouver et de voir uniquement le bien. Il explique que rechercher le bien chez autrui est le secret du Michkan (Tabernacle) et le fondement de toute éducation.
Lorsque l’on voit le bien en nos enfants, on les pousse à vouloir s’améliorer, à aspirer au bien, à grandir en sagesse et en sainteté, et à illuminer le monde de bénédictions.
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