Le gros lot – Va-Et’hanan

Posons la question importante : “Pour quelle raison travaillons-nous ?” La réponse est simple : “Afin de gagner de l'argent.”

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Ya'aqov Rupp

Posté sur 06.04.21

Nous avons tous des causes pour lesquelles nous sommes prêts à retrousser nos manches. C’est pour cela que nombreuses personnes sont prêtes à donner une partie de leur revenu, qui a été le plus souvent gagné avec difficulté, pour ce qui leur semble être une juste cause. Le montant que ces personnes offrent est le plus souvent laissé à leur discrétion. Cependant, lorsque nous réfléchissons à ce que nous devrions donner à D-ieu, cela n’est aucunement lié à notre prédisposition à la générosité. Combien devrions-nous donner ? Tout ! Ainsi qu’il est écrit dans la paracha de cette semaine : “Tu aimeras l’Éternel, ton D-ieu de tout on cœur, de toute ton âme et avec tous tes moyens.” (Devarim 6:5).
 
Nous récitons ce verset deux fois par jour dans la prière du Chema’ ! Si tous nos moyens sont consacrés à servir D-ieu, avec lesquels pouvons-nous payer la facture de l’épicerie ou notre loyer ? Ne devrions-nous pas consacrer entièrement tout à D-ieu ? 
 
Selon Rachi, de la même façon que nous sommes prêts à risquer notre vie pour sauver notre argent, nous devons être prêts à mettre notre amour pour D-ieu au-dessus de tout le reste, y compris notre argent. Ceci est la définition d’“aimer D-ieu… avec tous nos moyens.”
 
Aimer D-ieu plus que nous aimons l’argent est un élément essentiel dans notre progression spirituelle. Même si nous ne sommes pas obligés d’abandonner notre emploi afin de devenir plus spirituels, nous devons cependant apprendre à diriger et à apprécier nos ressources financières selon une perspective juive.
 
Une équation pas si simple
 
Dans Pirqé Avoth (1:10), nos Sages nous enseigné l’amour du dur labeur. Selon la Guemara Berakhoth 8a : “Des qualificatifs plus grands sont à utiliser à propos d’une personne qui gagne sa vie, comparée à une personne qui craint le Ciel.” Selon Rabbi Chaim Volozhin, nous apprenons de cela qu’il est préférable de gagner sa vie en travaillent plutôt que d’être un leader spirituel car diriger les autres s’accompagne avec de nombreuses tentations.
 
La Guemara Berakhoth 35b nous apprend également que les transgressions sont évitées seulement grâce à un mélange de travail et d’étude de la Tora. “Ne pensez pas que vous pouvez éviter entièrement de travailler car cette option est limitée qu’à un petit nombre.” Ainsi, il semble évident que D-ieu désire vraiment nous voir travailler.
 
Posons la question importante : “Pour quelle raison travaillons-nous ?” La réponse est simple : “Afin de gagner de l’argent.” De plus, nous devons admettre qu’à cet égard, nos besoins sont importants ! Il faut le reconnaître : la poursuite des mitswoth est souvent onéreuse. Notre tradition nous enseigne l’importance d’avoir une famille nombreuse et d’en assurer le plus possible le coût. Un jour par semaine, nous nous offrons un repas de rois avec de la viande, du poisson, du vin… C’est une mitswa d’avoir des invités les jours de fête, de donner abondamment la charité, de dépenser de grandes sommes pour les nombreux articles religieux dont nous avons besoin : talith (châle de prières), coupe de Qidouch… Soyons honnêtes : D-ieu a de bonnes raisons pour nous demander de travailler et Il désire également que nous prenons plaisir à dépenser notre argent.     
 
Si D-ieu nous demande de dépenser notre argent, pour quelle raison nous demande-t-Il également de L’aimer au-dessus de tout, y compris notre argent ? Ne serait-il pas plus logique de nous laisser choisir ce que nous voulons faire de nos ressources financières ?
 
“Or, quand l’Éternel, ton D-ieu, t’aura installé dans le pays qu’il a juré à tes frères… pays aux villes grandes et belles que tu n’as point bâties ; avec des maisons abondantes en biens que tu n’y as pas répandus, des citernes toutes faites, que tu n’a pas creusées… quand tu jouiras de ces biens et t’En rassasieras, garde-toi d’oublier l’Éternel qui t’a tiré du pays d’Égypte.” (Devarim 6:10-12).
 
Nous commettons souvent l’erreur de penser que notre revenu correspond au nombre d’heures où nous avons travaillé. Certes, nous devons fournir l’effort nécessaire dans le but de recevoir notre dû et nous travaillons et recevons notre paye pour cela. En agissant de la sorte, nous respectons le verset : “C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain.” (Béréchith 2:19). Cependant, nous ne devons jamais oublier qu’en fin de compte, c’est D-ieu qui décide du montant qui nous revient pour mener notre vie.   
 
Aimer le travail !
 
D-ieu a créé le monde afin de permettre à l’homme d’en obtenir du bien. Lorsque nous travaillons, nous ouvrons les portes au bien que D-ieu a réservé à chacun d’entre nous. Pour autant, si notre objectif est seulement d’augmenter le montant d’argent à notre disposition afin de satisfaire nos plaisirs physiques, nous retirons le Tout-Puissant de notre vie. Dans ce cas, la conséquence de notre volonté de mettre les distances entre Lui et nous produit des résultats désastreux.
 
Selon Rabbi Na’hman, “le désir pour devenir riche est littéralement une forme d’idolâtrie. Aussi longtemps que ce désir continue d’exister, le monde sous l’ombre de la colère de D-ieu. A l’opposé, plus nous arrivons à l’éradiquer, plus la colère de D-ieu s’apaise et le monde rayonne avec la bénédiction de Son amour.” (Liqouté Moharan 2:5).
 
La richesse qui amassée dans le but unique de devenir riche nous détache de la Source de la vie et introduit un brouillard d’arrogance qui est un obstacle à la croissance spirituelle. Dans ce cas, nous nous concentrons sur l’aspect matériel de la vie et nos autres objectifs, idées et passions plus élevés et spirituels se trouvent jetés par dessus bord. Nous vénérons l’argent et les plaisirs au lieu de la source qui nous les procurent.
 
Rabbi Na’hman nous enseigne que la façon de briser notre désir de richesse consiste à contempler la source spirituelle de laquelle la richesse matérielle et les bénédictions proviennent. “En nous concentrant sur cette racine, le désir pour la richesse matérielle se dissipe. A la racine, qui radie d’une lumière rayonnante et translucide, la joie est entièrement spirituelle. En comparaison, l’objet physique qui est la source de notre désir ardent perd de sa valeur et s’avilit. Seulement une personne idiote peut rejeter la joie spirituelle pour un plaisir grossier.”
 
De nombreuses personnes vivent pour travailler. Elles dépensent une grande énergie et accordent beaucoup de temps dans leur vie à la gagner. En même temps, elles ne s’aperçoivent pas qu’elles oublient un aspect essentiel de leur vie.  
 
Nous devons prendre conscience que nous ne sommes pas la source de notre richesse ! C’est D-ieu qui nous a donné notre force intellectuelle et physique ; c’est à Lui que nous devons tous nos talents. C’est seulement grâce aux efforts que nous fournissons et à la façon dont nous utilisons notre potentiel que nous méritons de recevoir les bénédictions de D-ieu. En ouvrant notre cœur au Tout-Puissant, nous nous attachons à Lui. En nous donnant les ressources financières dont nous disposons, nous avons la possibilité de nous rapprocher de Lui. Avec Son aide, nous pouvons remplir la mission qui est la nôtre dans ce monde, et avec tout ce que possédons.  

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