Se repentir ? Moi aussi ?

Nous ne devons pas abandonner notre décision de nous repentir et notre désir de nous rapprocher d'Hachem. Plutôt, nous devons poursuivre notre avancée, jusqu'au but final.

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le Rav Shalom Arush

Posté sur 06.04.21

Il entra en ville. C'était une belle cité ! Il se rendit chez un riche habitant et loua pension chez lui car il était nécessaire d'attendre là-bas. Car il faut agir intelligemment – avec sagesse – pour faire sortir la princesse !

De nouveau, nous constatons que le travail qui consiste à libérer l'émouna (la foi) en est un qui exige d'avoir de la patience. D'une part, le vice-roi a apparemment réussit à franchir tous les obstacles qui s'étaient présentés sur son chemin, il est également parvenu à des niveaux spirituels extrêmement élevés, à atteindre l'endroit d'où on lui a dit qu'il pourra libérer la princesse… D'autre part, lorsque l'objectif semble être à portée de main… il doit encore patienter et attendre avant que la princesse soit sauvée de son exil.
 
En vérité, dans notre Service divin, l'attente représente un concept particulièrement élevé. Il est même possible de dire que l'attente est l'essence même de chaque échelon que nous désirons franchir sur l'échelle spirituelle. À l'opposé, toutes les fautes proviennent de notre impatience et de notre volonté de précipiter les évènements. Même les plus grands Tsadiqim ont péché – chacun selon son niveau extrêmement élevé – par impatience. Ils ne sont pas parvenus à attendre l'heure où devait arriver l'aide de D-ieu. Plutôt, ils ont désiré précipiter le cours des choses et forcer la main – si l'on peut dire – à la Volonté divine.
 
Cependant, la vérité est que tout dépend d'Hachem. C'est Lui seul qui a fait, fait est fera tout ce qui se déroule dans l'univers. Tout ce qui revient à l'homme, c'est de vouloir réaliser la Volonté divine, de désirer ardemment et de montrer la plus grande impatience et énergie à remplir la volonté de D-ieu. Ensuite, il faut s'armer de patience et attendre le moment où il deviendra possible de faire ce que nous devons faire. Car en fin de compte, c'est Hachem qui nous aide à compléter notre tâche. C'est Lui qui nous fait mériter de vivre une vie remplie de Tora, de mitswoth, de bonnes actions…
 
Comment il la sauva, ça Rabbi Na'hman ne le raconta pas; mais à la fin, il la fit bien sortir…
 
Rabbi Na'hman ne révéla pas la façon dont le vice-roi libéra la princesse. De fait, il est impossible de raconter cela car il s'agit d'une notion qui est personnelle et qui est différente d'une personne à l'autre. Chaque individu – selon ses spécificités – doit sauver sa propre princesse, c'est-à-dire libérer l'émouna (la foi) et la révéler dans le monde. À chaque personne appartient un chemin particulier et unique pour atteindre cet objectif. Il est absolument impossible d'apprendre ce que nous devons faire de l'attitude des autres. Chaque personne est un monde différent et il n'existe aucun rapport entre le Service divin d'un individu à l'autre.
 
C'est pour cette raison qu'il est interdit de regarder les autres personnes et leur façon de servir D-ieu. C'est ce qu'a expliqué Rabbi Na'hman à propos du verset (Ezéchiel 33:24) : “Avraham était [un homme] isolé.” D'après Rabbi Na'hman, cela nous apprend qu'Avraham parvint à servir Hachem uniquement grâce au fait qu'il était seul, c'est-à-dire qu'il pensait à lui comme étant seul dans le monde. Dans ce cas, il est facile de comprendre pourquoi Avraham ne prêtait aucune attention aux personnes qui l'entouraient.
 
Chaque personne possède sa propre racine, sa façon unique de servir D-ieu et son Tiqoun spécifique. C'est pour cela qu'il est impossible de prendre exemple sur une tierce personne ou de comparer deux personnes. Par exemple : une personne peut apprendre avec diligence, alors que pour une autre, cela s'avère plus difficile. D'aucune sorte, il est possible de penser – que D-ieu nous préserve – que la deuxième personne possède moins de valeur que la première.
 
Il se pourrait que la deuxième personne ait déjà réparé ce qui devait l'être lors d'une précédente réincarnation. Dans sa vie présente – et sous sa nouvelle forme – cet individu doit servir Hachem d'une façon entièrement différente. Il se pourrait par exemple qu'il doive réparer quelque chose qui a trait au sentiment d'amour qu'il doit développer envers les autres personnes. Le nombre de possibilités est important – à vrai dire, sans fin – et nous ne possédons aucun moyen de les connaître.
 
La seule chose que nous devons faire est de nous concentrer sur notre propre Service divin et de servir le Créateur de la façon dont Il désire.
 
Peu importe la nature du service de chacun-e : tout doit être fait dans la joie et dans la plus grande innocence. Il ne sert à rien de nous comparer aux autres. Plutôt, nous devons faire ce qui nous revient de faire et éprouver une grande joie à remplir notre tâche.
 
Confession
 
Il n'est pas facile de découvrir notre chemin personnel dans notre Service divin, sans devenir confus-es par les différents comportements que nous constatons chez les autres, ainsi que les conseils contradictoires que nous pouvons recevoir. Nous devons savoir que la seule façon de parvenir à découvrir ce chemin consiste à consacrer une heure à hitbodédouth, la prière privée et isolée prononcée dans notre langue et pendant laquelle nous faisons notre propre évaluation.
 
De fait, c'est seulement lorsqu'une personne se confesse – chaque jour – que le Tsadiq lui prépare son chemin, selon la racine et les spécificités de son âme. Grâce à cela, chaque personne peut remplir la mission qui lui est propre en ce monde et atteindre sa destination personnelle (Liqouté Moharan I:4).
 
Hitbodédouth est un concept unique dans le Service divin et qui est véritablement individuel : il est impossible d'en trouver deux identiques. Toutes les autres mitswoth sont identiques pour tout le monde : chaque personne doit mettre ses téfilines, étudier la Tora… Même en ce qui concerne la prière, chaque individu doit prononcer les mêmes paroles.
 
Cependant,hitbodédouth est différent : il s'agit d'un concept entièrement privé. Chaque personne fait hitbodédouth à sa façon et il n'en existe pas deux identiques. De fait il est impossible d'établir des règles générales pour tout le monde. Faire hitbodédouth signifie déverser son cœur devant D-ieu à propos de ce qui fait notre vie et selon la condition matérielle et spirituelle dans laquelle nous nous trouvons.
 
Ici est la place pour un avertissement important pour toutes les personnes qui pratiquent hitbodédouth. Il est interdit pour tout individu d'entendre l'hitbodédouth d'une tierce personne. C'est pour cela que si l'on désire élever la voix – et même crier – on doit s'assurer auparavant qu'aucune personne ne pourra entendre ce que nous disons. Dans le cas contraire, il est de notre devoir de nous exprimer à voix basse afin que personne ne puisse entendre les mots que nous prononçons.
 
Si nous ressentons réellement le besoin de crier, nous pouvons le faire… mais en silence ! Nous pouvons également penser, sans prononcer le moindre mot. Rabbi Na'hman nous a appris que le cœur peut contenir de nombreux cris et que nous ne sommes pas toujours obligés-es de les exprimer à voix haute. De la sorte, il devient possible pour chaque personne de crier à tue-tête vers Hachem, même si elle se trouve au beau milieu d'un endroit très fréquenté : ses “mots” ne seront pas entendus.
 
Par conséquent, Rabbi Na'hman n'a pas raconté la façon dont la princesse fut libérée. Nous comprenons maintenant qu'en fin de compte, l'aspect essentiel des efforts que nous devons faire pour libérer la princesse est de faire hitbodédouth, ce qui est une prière privée et qui ne peut être partagée avec personne.
 
Chaque personne qui désire atteindre véritablement un niveau substantiel dans l'émouna – et libérer la princesse qui lui correspond, ce qui permettra d'atteindre la libération finale du peuple d'Israël en particulier et du monde entier en général – est obligée de consacrer au moins une heure par jour à hitbodédouth, chaque jour de l'année et quoi qu'il arrive.
 
Des pensées de repentir
 
Nous pouvons maintenant revenir au début de l'histoire et comprendre ce que Rabbi Na'hman avait dit en guise d'introduction : “En chemin, j'ai raconté une histoire et tous ceux qui l'ont entendue ont éprouvé un sentiment de repentir…”
 
Lorsqu'une personne mérite d'entendre cette histoire – et qu'elle voit l'abnégation dont fait preuve le vice-roi pendant sa recherche de la princesse, son obstination à ne pas baisser les bras et à ne pas faiblir, à ne pas abandonner l'émouna et ignorer la Volonté divine, même après de nombreuses défaites et après que la princesse se soit éloignée de lui – se réveille en elle la force d'emprunter le chemin de la téchouva. Cependant, nous devons savoir que ce chemin est rempli de difficultés, de déceptions, de tests, d'entraves…
 
C'est pour cela que lorsque nous désirons nous engager sur le chemin de la téchouva (du repentir), nous devons être chargés-es d'une forte dose de détermination et ne pas porter attention à tout ce que nous avons subir, ou subirons. Dans tous les cas, nous ne devons pas abandonner notre décision de nous repentir et notre désir de nous rapprocher d'Hachem. Plutôt, nous devons poursuivre notre avancée, jusqu'au but final.
 
Ceci est la pensée de repentir : éveiller en nous le désir puissant d'emprunter le chemin de la téchouva. De fait, nous devons nous convaincre que peu importe ce qui arrivera par la suite, nous ne cesserons pas de pousser ce cri du cœur : “Je désire faire téchouva ! Je n'abandonnerai jamais mon désir de me rapprocher d'Hachem !”
 
Terminé par la grâce de D-ieu.
Louanges au Créateur, pour l'éternité.

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