Le cure-dent de la délivrance

Chabat H’azone : le mauvais penchant s'est immiscé dans un bout de carotte pour squatter entre deux de mes dents, se moquant bien de ma brosse à dents de voyage...

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le rabbin Lazer Brody

Posté sur 17.07.2017

Parfois, la moindre petite nuisance peut rendre une personne folle, si c’est ce qu’Hachem désire…
Dans quelques minutes, notre directeur du département anglais à Breslev Israël, Aaron Dobinsky, allait faire entrer les gens qui avaient fixé rendez-vous pour s’entretenir avec moi. Aaron n'était pas encore arrivé au bureau, j'étais donc en train de terminer rapidement mon déjeuner…

C’est alors que le mauvais penchant s'immisça dans un petit bout de carotte pour venir squatter entre deux de mes dents, se moquant bien de ma brosse à dents de voyage -celle que j’emporte partout dans ma mallette- et refusant de bouger. J'essayai toutes sortes de solutions improvisées pour atteindre l'intrus indésirable, mais en vain. Quand j'écoute les gens, je dois leur accorder toute mon attention et ce tout petit bout de carotte a très rapidement grignoté ma capacité à être attentif. Bien vite, je me rendis compte que j’avais du mal à me contrôler. Je  regardai ma montre pour voir qu'Aaron, qui est toujours ponctuel, allait arriver d’une minute à l’autre et mon premier rendez-vous, peu de temps après.

Que fait une personne qui a besoin d’aide ? Elle appelle Hachem !
« Hachem, c'est moi, Ton fils, Eliezer Raphael ben Chasia. Hachem, dans quelques minutes, je dois conseiller des gens en Emouna ; ce petit morceau de la salade que Tu m’as très gracieusement offerte est maintenant coincée entre deux de mes dents et me rend fou ! Envoie-moi un cure-dents, s’il-Te-plaît ! D'où, je m'en fiche, mais envoie-m’en un ! »

C’est drôle, mais je n'avais aucun doute que j'étais sur le point de trouver un cure-dents. Qui peut bien avoir des cure-dents dans son bureau ? Personne que je connaisse. Je jetai un coup d’œil sur le bureau d'Aaron, et il était là : un cure-dents solitaire enveloppé dans du papier cellophane, comme ceux qu’on reçoit sur les plateaux repas des avions. Je fais toujours attention à ne rien prendre sans qu’on m’y ait autorisé, mais là, c'était une urgence. Je déchirai le cellophane, sortis le cure-dent et ahhhh, quel plaisir ! Du premier coup, la carotte obstinée disparut.

Je ne pense pas qu'une croisière d'une semaine aux Bahamas me donnerait autant de plaisir que le fait d’avoir délogé ce morceau de carotte d’entre mes dents. Durant les trois minutes qui suivirent, j'ai chanté, dansé et loué Hachem, en le remerciant comme si je venais de gagner au loto.

Aaron entra dans le bureau avec son grand sourire habituel. Je l'embrassai et m’excusai de lui avoir piqué son cure-dents. « Quel cure-dent ? » Répondit-il.
« Celui qui était enveloppé dans du cellophane. Celui qui était là, sur ton bureau », répondis-je.
« Je n'ai jamais laissé de cure-dents sur mon bureau, tu n’as pas à me remercier. »

Personne sur terre ne pourra me convaincre que quelqu'un d'autre qu’Hachem a répondu à mes prières et m'a envoyé ce cure-dents en toute urgence, à la minute !

Puis je suis redevenu sérieux – le poids de mes obligations était énorme. Si c'est la façon dont je dois remercier Hachem pour un cure-dents, combien dois-je Le remercier pour un souffle, un battement de cœur ou des reins qui fonctionnent ? Qu'en est-il de tous les autres millions de bénédictions quotidiennes de ma vie ?

Le peuple juif n'est pas un peuple d’ingrats. La seule raison pour laquelle nous ne remercions pas correctement Hachem est parce que nous n'ouvrons pas les yeux – nous n'observons pas les miracles et la gentillesse d’Hachem.

Isaïe, le Prophète, a crié, précisément à propos de ce phénomène, et a déclaré qu’il est la racine de tous nos problèmes. Quand ? Le Chabat avant Ticha BeAv est connu sous le nom de Chabat H’azone, le « Chabat de la Vision ». Il est nommé ainsi à cause des deux premiers mots de la Aftara que nous lisons, H’azone Yechayahou, qui signifie « la prophétie (vision) d'Isaïe ». Isaïe, le Prophète, châtie le peuple juif et leur révèle la raison de toutes les souffrances qui sont sur le point de leur arriver : la destruction du premier et du second Temples, l'inquisition, les pogroms, l'holocauste et toute calamité jusqu'à la venue du Machia’h.

Qu'est-ce que le peuple juif a fait de mal ? Ont-ils eu des relations sexuelles interdites ? Ce n'est pas la raison. Ont-ils adoré des idoles ? Ce n'est pas non plus la raison principale. Est-ce qu'ils ont fait couler du sang innocent ? Non, le prophète ne les-en accuse pas non plus. Alors, qu'ont-ils fait de mal pour mériter une punition si sévère ? Voici la réponse du prophète :
« Un bœuf connaît son propriétaire et un âne, son maître, mais pas Israël : mon peuple ne contemple pas [dans le sens d’observer, de respecter] » (Isaïe 1: 3).

Quoi ? Nous endurons tous les problèmes depuis des siècles simplement pour ne pas savoir respecter et observer ? Oui. Nous sommes le peuple juif, Am Yehoudi, le peuple du remerciement. Il est temps que nous ouvrions les yeux et que nous commencions à exprimer notre sincère gratitude envers Hachem. Une fois que nous le ferons, l'exil et la diaspora prendront fin et le Machiah’ viendra rapidement et de nos jours, Amen !

Traduit par Carine Rivka Illouz

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