Amalek, version LCD

Non, le Amalek contemporain n'est pas un terroriste avec un poignard entre les dents ou une ceinture d'explosifs. Il a plutôt l'air innocent d’un geek inoffensif...

3 Temps de lecture

le rabbin Lazer Brody

Posté sur 18.02.18

Edouard, un geek très technophile de 17 ans, ridiculisait sa mère. « M’man, je ne peux pas croire que tu n’arrives pas à enregistrer les contacts dans ton nouveau téléphone – en maternelle on sait faire ça aujourd'hui ! »
« Jeune homme, » répondit sa mère, perturbée par la suffisance de son fils, « je t'ai appris à dire s'il-te-plait et merci, je t'ai aussi appris à manger avec une fourchette. »
L'échange ci-dessus semble dénué de sens, mais il est en réalité plus profond que ce que nous pensons.

Le voici d’un peu plus près :
Edouard pense que sa mère est primitive. Elle n'est pas très adepte des dernières technologies. Au moment où elle apprend à se servir d’un appareil, il devient obsolète et quelque chose de nouveau le remplace. Même s'il est coincé, Edouard est l'un des jeunes les plus populaires du lycée parce qu'il est l’adresse par excellence, pour tous ceux qui ont un problème avec leur iPhone, iPad ou autre tablette. Quiconque a une question sur les derniers programmes ou sur la navigation dans la cyber-sphère se tourne vers Edouard.

Si maman est démodée et archaïque, papa est encore pire. Il va à des cours tous les soirs pour étudier un livre que certains vieillards ont écrit il y a 1700 ans sur ce qui arrive si une vache tombe dans une fosse. Maman et papa sont tolérables, d'une manière ou d'une autre. Edouard prend bien sûr sa chambre à coucher, ses vêtements et les merveilleux repas de maman pour acquis. Il n'a pas du tout de patience pour grand-mère et grand-père, qui racontent toujours ces histoires ennuyeuses à propos de leurs parents qui sont venus en Amérique pour échapper à l'Holocauste. Il déteste quitter son écran plasma de 42 pouces, même pendant une demi-heure, lorsque maman et papa le forcent à venir à table lors de la visite hebdomadaire de grand-mère et de grand-père ; Edouard s'en fout, que son arrière-arrière-grand-père soit un descendant de Rabbi Akiva Eger et que son arrière-arrière-grand-mère soit une arrière-petite-fille du H’atam Sofer.

Maman n'est pas fondue d’informatique. Elle parle de « manger avec une fourchette », de dire « s'il vous plaît et merci », de gratitude de base et d'agir comme un être humain. Papa, ce n’est pas mieux, quand il ne travaille pas dans son magasin de chaussures, il est soit à la choule en train de lire des vieux livres, soit il sort marcher ave maman. En somme, maman et papa sont des êtres humains qui agissent comme des êtres humains. Ce n’est pas ce qu'Edouard apprend dans son cyber-monder, donc ils ne l'intéressent pas.

Edouard est juif, mais il veut divorcer de la Torah, de la tradition, du Chabat et de la cacheroute. Il ne comprend pas pourquoi maman et papa sont tellement hors du coup et pris dans des choses obsolètes.

Edouard adore les écrans – il a des écrans de toutes tailles. Pour lui, les livres sont vieux et obsolètes. Le fait est que sa tablette de quatrième génération, avec son écran couleur, ses fonctionnalités multimédia et son système d'exploitation basé sur Android, permet de stocker facilement 6 000 e-books. C'est une bibliothèque publique portable. Le transport de livres imprimés est primitif…

Ce qu’Edouard ne comprend pas, c'est que bien que sa tablette puisse contenir tous ces livres, l'arrière-arrière-arrière-grand-père Rabbi Akiva Eger et le H’atam Sofer avaient des cerveaux qui contenaient autant de livres saints. Ils ont consacré leur vie à ces livres saints.

Qu'y a-t-il derrière le scintillement de l'écran ACL et derrière cet écran plasma de 42 pouces qui vous donne l'impression d'être sur le terrain de jeu ? Pourquoi la Guemara ou le livre sacré ne l’ont-t-ils jamais vaincu ? La réponse est simple. L’écran est l’Amalek d’aujourd’hui, bien plus subtil, puissant et mortel que l'ancien Amalek. Edouard, tout comme d'autres enfants et adultes tels que lui, sont impuissants face à l'innocent Amalek. Mais, tandis que la tradition nous relie à une chaîne incessible de génération en génération jusqu'à Moïse sur le mont Sinaï, le Amalek version LCD coupe rapidement la tradition.

La tradition et Amalek ont ​​des livres. La différence est que les manuels logiciels d'Amalek deviennent obsolètes en quelques mois. La tradition de la Torah ne se démode jamais. Elle nous maintient en vie, nous, le peuple juif.

Il n'y a qu'une seule façon de combattre le nouvel Amalek. Maman et Papa, bien qu’ils soient des personnes gentilles qui mangent cacher et observent le Chabat, n'ont jamais donné à Edouard l'arme dont il avait besoin pour se protéger contre Amalek. Cette arme est la Emouna. Sans cela, la personne ne comprend pas pourquoi elle a besoin de la Torah et des mitsvotes au 21ème siècle.

Avec la Emouna, nous protégeons non seulement nos enfants et nous-mêmes, mais nous effaçons aussi la mémoire d'Amalek. Bien qu'une Guemara ne puisse pas vaincre un écran, la Emouna peut le faire. La Emouna permet à un homme de prendre une Guemara et a une femme de s'habiller avec pudeur. La Emouna, c’est la fin d'Amalek. Joyeux Pourim !

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