Séparation : éteindre le feu

Les tests les plus importants auxquels nous devons faire face ont lieu chez nous, dans notre maison...

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le rabbin Lazer Brody

Posté sur 09.05.08

Un jeune homme rêvait de devenir pompier. Après avoir passé le baccalauréat, il alla immédiatement s'inscrire dans l'école de pompiers de son quartier. Il réussit l'examen d'entrée avec excellence et on lui donna la date et le lieu où il devait se rendre dans le but de commencer son entraînement.
 
Pendant la première semaine de l'entraînement, l'instructeur ne fit pas une seule allusion à la lutte contre l'incendie, à l'équipement spécifique d'une voiture de pompiers, aux techniques pour installer une échelle, au maniement des tuyaux et autres choses du même genre. À l'exception des deux heures par jour qui étaient consacrées à la gymnastique, les élèves étaient dans leur classe afin de suivre un cours après l'autre. Ils ne pouvaient pas croire tout ce qu'il y avait à apprendre à propos des différents types de feu : feux créés par les produits chimiques, par l'électricité, par le climat, etc. La liste semblait ne pas avoir de fin et le sujet était fascinant.  
 
Lorsque le programme théorique fut terminé, les élèves pompiers commencèrent à apprendre les principes de base qui permettent de sauver des vies, les premiers secours et la lutte contre l'incendie. Le troisième jour de leur programme de pratique qui devait durer six semaines, un incendie majeur se déclara dans un quartier à population dense, menaçant littéralement des milliers de vies. On ordonna à tous les élèves pompiers d'enfiler leur attirail et de monter sur les camions de pompiers. “Mais commandant,” protestèrent les élèves, “nous ne savons encore presque rien à propos de la lutte contre les incendies ! ”
 
"Montez sur les camions !” répondit d'un ton sec le commandant.
   
"Lorsqu'un incendie s'est déclaré, chaque seconde est précieuse. Lorsque nous le contrôlerons, nous reviendrons à la théorie.”
 
* * *
 
Ici aussi, dans notre série de leçons à propos de la méthode pour établir un mariage couronné de succès, nous avons à peine abordé les principes de base. Cependant, à cause du nombre important de questions que nous avons reçues qui concernent les crises au sein du mariage qui impliquent une séparation – un véritable incendie et que nous devons éteindre le plus vite possible – nous avons décidé de consacrer les prochains articles de notre série à une situation que nous souhaitons à tous nos lecteurs de ne jamais connaître, s'il plaît à D-ieu. Pour autant, nous vous conseillons d'accorder toute votre attention à ces articles car ils contiennent les principes de base indispensables à connaître si l'on veut rencontrer le succès dans la vie et – plus particulièrement – dans notre vie de couple. Chaque couple devrait apprendre ces principes. De plus, toutes les personnes qui ne sont pas encore mariées – mais qui y pensent sérieusement – devraient les apprendre également.  
 
Les tests les plus importants auxquels nous devons faire face ont lieu chez nous, dans notre maison. Nous apprendrons que lorsqu'une personne ne fait pas de véritables efforts pour atteindre l'emouna (la foi), elle augmente les risques de se trouver empêtrée dans des situations et des difficultés quasi insurmontables.
 
Un nombre croissant de femmes de notre génération ont demandé à leur mari de quitter le foyer conjugal. Dans beaucoup de cas, ces demandes ont été accompagnées de l'assistance des autorités policières et des tribunaux. Une telle chose ne se produit pas en un jour. De fait, le plus souvent ce sont des semaines, des mois ou même des années de disputes et de frustration qui aboutissent à de telles mesures extrêmes. Il est de la plus grande importance de réaliser que si le couple a l'emouna (foi), il est impossible d'atteindre un conflit de cette intensité entre un mari et sa femme. Si, pendant toutes les années de mariage, l'un et l'autre avaient prié de tout coeur Hachem et fait un véritable examen de conscience dans le but de régler le coeur du problème, les difficultés du couple auraient été résolues rapidement.
 
Un mari doit être convaincu que même si son expulsion de sa propre maison peut lui sembler entièrement injustifiée, pour Hachem, cela correspond à la justice parfaite.
 
La question mérite d'être posée : qui expulse réellement un mari de son domicile conjugal ? Un tribunal ? La police ? Une assistante sociale ? La réponse est qu'un mari est jeté à la porte de sa maison par Hachem et qu'une telle décision correspond à une raison précise. Si Hachem a passé un tel décret envers une personne en particulier, cela est certainement pour le bénéfice ultime du mari, même si ce dernier n'a rien fait de mal. De plus, si le mari est bel et bien nuisible à sa femme et à ses enfants, c'est pour le bénéfice de ces derniers qu'Hachem l'a expulsé de chez lui.
 
Un mari qui a été expulsé par sa femme de son domicile, doit immédiatement réfléchir profondément à trois niveaux distincts de l'emouna (foi) :
 
Premier niveau : “C'est ce que désire vraiment Hachem
 
Le mari doit être entièrement convaincu – avoir une foi complète – qu'Hachem l'a jeté en dehors de sa maison. Il doit mettre de côté toutes les autres pensées futiles – plaintes, sentiment de colère, reproches, etc. – qu'il peut avoir envers telle ou telle personne : sa belle-mère, sa femme, l'amie de sa femme, etc. Fréquemment, il aura tendance à croire qu'une tierce personne aura mis dans la tête de sa femme une idée particulière et que cette idée – en germant – a abouti à son expulsion de sa maison. Ceci est absurde ! Hachem est Celui qui l'a jeté dehors. Le mari doit également abandonner toute idée de revanche, d'attendrissement sur lui-même, d'échange verbal d'accusations et de rancune. Tous ces sentiments – dont la nature est négative et qui sont du domaine des impulsions – sont une conséquence de son manque d'emouna (foi).
 
Lorsqu'une personne ne parvient pas à reconnaître et à accepter la Providence divine, elle devient une candidate idéale pour les sentiments de culpabilité, de tristesse et de dépression. Cette personne aura également tendance à exprimer sa rage en formulant des plaintes et des accusations. Cependant, si cette personne possédait une emouna forte, elle n'éprouverait aucun sentiment de méchanceté envers la police, ses beaux-parents, les amies de sa femme, etc. En d'autres termes, cette personne comprendrait que toutes les personnes qui ont – ou qui semblent avoir – joué un rôle dans son éviction de sa propre maison ne sont pas les acteurs principaux qu'elle croit et qu'en fin de compte, c'est Hachem qui désire que les évènements aient pris cette tournure !
 
Deuxième niveau : “Tout est pour le mieux !”
 
Le mari doit être entièrement convaincu – avoir une foi complète – que Hachem est Celui qui l'a jeté en dehors de sa maison et que cela est pour son propre bien, celui de sa femme et de ses enfants. Mettre fin au manège des disputes de ménage – qui possèdent un effet dévastateur à long terme sur l'ensemble de la famille – est certainement un acte bénéfique ! Cela peut être comparé à une voiture dont le moteur a des ratés : il faut faire appel à un mécanicien pour le réparer. Ainsi, au sein d'une famille, lorsque plus rien ne tourne rond et qu'il faut absolument trouver une solution pour faire la paix, les parties engagées – le mari et la femme – ont peut être besoin d'un mécanicien. Celui-ci aura pour mission de les séparer provisoirement afin de les inspecter, de leur permettre de se calmer et de corriger ce qui doit l'être. 
 
La séparation a lieu lorsque un mari et une femme échouent à amender leurs défauts et ne cherchent pas réellement à améliorer les relations qu'ils ont sous le même toit. Hachem a recours à l'arme de la séparation lorsqu'un homme n'a pas apporté l'attention qu'il devait aux messages divins qui revêtaient les habits des plaintes de sa femme. De fait, un facteur primordial à considérer est notre sommeil spirituel qui nous empêche de voir – et donc de rectifier – nos fautes qui sont souvent à la racine de la tension et des disputes qui peuvent exister entre un mari et sa femme.
 
Lorsqu'Hachem expulse un homme de sa propre maison, cela représente la mesure ultime qui permet de sauver le couple et la famille du divorce. Expulser le mari est le plus souvent préférable à expulser la femme, surtout s'il y a des enfants à la maison : séparer des jeunes enfants de leur mère est une mesure encore plus difficile à vivre que les séparer de leur père. Ainsi, la séparation forcée donne aux deux parties l'opportunité de s'engager dans une introspection et un examen de conscience dans un environnement plus calme.
 
Troisième niveau : “Qu'est ce qu'Hachem désire que je fasse ?”
 
Maintenant que le mari se retrouve seul et dans un cadre plus calme – éloigné du stress constant et des tensions inhérentes à la mésentente au sein du couple – il doit impérativement faire le point sur lui-même, ainsi que l'inventaire de ses erreurs. Cette période de séparation en est une idéale pour la prière, la techouva (le repentir), l'introspection et les améliorations à apporter. Il s'agit d'un moment pour faire appel aux conseils d'Hachem et à Sa compassion dans le but de trouver une véritable solution au problème. Il est tout aussi important que la femme – de son côté – contribue à la solution du problème en multipliant ses prières et en faisant techouva.
 
Lorsqu'une personne fait une techouva sincère, Celui qui l'a expulsée de sa maison – Hachem – est également Celui qui lui permettra de la ramener chez elle.
 
De cette première leçon, chaque personne devrait apprendre à accorder de l'importance aux différents problèmes qu'elle peut rencontrer, qu'il s'agisse de problèmes primordiaux ou de ceux qui peuvent sembler de moindre envergure. La moindre atteinte au concept de “chalom bayith” (la paix conjugale) devrait déclencher immédiatement un traitement en profondeur. Le proverbe “il vaut mieux reculer pour mieux sauter” peut s'avérer utile dans certains cas et dans certaines situations. Cependant, dans le domaine du chalom bayith, il s'agit d'un adage qu'il vaut mieux éviter de mettre en pratique. Lorsqu'un couple partage une forte emouna, il est plus intelligent de ne pas “reculer” et de vouloir régler le problème sur le champ. Cela permettra certainement d'éviter que les relations entre un mari et se femme ne se détériorent dans le futur.
 
À suivre…
 
Avertissement : l'objectif de cette série d'articles sur le chalom bayith (la paix conjugale) est de favoriser la réflexion et de fournir aux personnes psychologiquement stables – mariées ou qui y pensent – des conseils pratiques. En aucun cas, ces leçons doivent remplacer l'aide d'un professionnel dans les situations particulièrement difficiles.
 
(Vous êtes cordialement invités à rendre visite au site de Rabbi Lazer Brody à www.lazerbrody.net)

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