L’histoire de Frida

Le Rav Shalom Arush dit qu’il y a eu une plus grande révélation de la lumière d’Hachem pendant l’holocauste qu’à l’époque du Saint Temple…

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Dr. Zeev Balen

Posté sur 01.05.16

Cher Dr. Ballen,

Je veux que les gens sachent à quel point Hachem est grand !

Je suis une survivante de la Shoah, originaire de Munkacz, en Tchécoslovaquie.

Quand nous sommes arrivés à Auschwitz, j'avais 15 ans. Lorsque nous sommes descendus du train, la première chose que j'ai perdue, ça a été tous mes proches. Je me suis retrouvée toute seule. Un soldat m'a poussée sur le côté, du côté où les gens allaient être envoyés aux crématoriums. Puis vint un autre soldat, qui me poussa vers l'autre côté, celui où les gens allaient être « choisis » pour différentes choses. A l'époque, cela n'a pas été tout de suite clair à mes yeux, mais peu de temps après, je réalisai la grandeur du miracle que j'avais vécu. Ce fut la première de nombreuses fois que j’allais être sauvée d'une mort certaine.

Un autre miracle fut lorsque je fus confrontée, parmi un groupe de jeunes gens de 15 et 16 ans, au tristement célèbre Dr. Mengele. Il choisissait qui serait envoyé pour travailler comme esclave des nazis, pour finir au crématorium. Il me désigna, demanda quel âge j’avais. Essayant de sauver ma peau, je lui dis j'avais 18 ans. Il demanda quand j’étais née. J'étais vraiment forte en maths, mais j’avais tellement peur que je me mis à bégayer et il m'envoya aux crématoriums.

Une fois, quand j'étais à Auschwitz, je faisais partie d'un groupe de personnes qui avaient été envoyées  prendre une « douche » (dans les chambres à gaz), là-bas, on nous avait donné un morceau de « savon RYF » (Juden Fatte = fait de graisse de peau juive). Nous étions nus, le savon dans nos mains, mais le gaz n’a jamais fonctionné !
 
Encore un autre miracle flagrant !

Ce jour-là, je pleurai tellement, car je savais que mon destin avait été déterminé ; j'étais dans la catégorie des très jeunes, des vieux et des infirmes, qui finissaient assassinés au crématorium. Les gens qui étaient maintenus en vie, eux, étaient emmenés aux « toilettes » (en fait, des fossés) une fois par jour. Là-bas, dans la file pour « les toilettes », se trouvait une femme qui fut mon ange-gardien ; elle m'attira par le bras et me dit : « Tu viens avec nous. » Elle risquait une mort certaine si elle se faisait attraper. Grace à elle, je finis par partir travailler au camp de concentration de Christianstadt avec les autres femmes.
 
Une autre fois où j’ai miraculeusement été sauvée, a été quand j’ai fait partie d'un groupe de détenus qui coupaient des arbres (oui, moi, une jeune fille de 15 !) et les dégageaient des voies ferrées. Un wagon de sable se renversa sur moi, et j’étais certaine que ce serait la fin pour moi! Mais les autres filles m’ont très vite dégagée.

Quand je travaillais à Christianstadt, les détenus devaient préparer une « soupe » avec les pelures de pommes de terre trouvées dans la poubelle. Quelqu'un renversa accidentellement le chaudron et je fus brûlée. Je n’avais pas le droit de crier de douleur, et la douleur était si forte ! On me dit que si j’étais calme, on m’enverrait à l’infirmerie, sinon, je serais abandonnée, destinée à mourir seule sans que personne ne le sache.
 
Je me mordis la langue et les lèvres, et je fus emmenée à l'infirmerie où une infirmière juive très gentille m’accueillit. Elle m’avertit qu’on préparait un grand fossé pour y jeter ceux qui occupaient les lits de l'infirmerie et les y enterrer vivants ; elle me pressa de rejoindre mon baraquement. Je ne sais pas d'où j’ai trouvé la force physique ou émotionnelle, mais j’ai couru, et me voici, vous racontant cette histoire.
 
Dr. Ballen, je sens que pour l'instant, je ne peux en écrire plus. Je veux juste que les gens sachent à quel point Hachem est grand. Il m'a sauvé tant de fois, afin que je puisse survivre et mettre au monde tant d’enfants qui étudient aujourd’hui la Torah, défendent Israël et contribuent au peuple d’Israël dans ce monde (mes enfants, mes petits-enfants et arrière-petits-enfants).
 
Je Te remercie Hachem, un million de fois, pour le grand Hessed que Tu m’as accordé, maintes et maintes fois.
 
Frida Solomon (Meller)
Ramat Tamir, Jérusalem
 
***

Frida, 

Tout ce que je peux vous dire, c’est « merci » de partager votre histoire incroyable avec moi. Vous m'avez rappelé, de la manière la plus puissante qui soit, jusqu'où Hachem peut aller pour ceux qui s’accrochent à leur foi en Lui, dans chaque épreuve et à chaque instant. Vous avez vu de si grands miracles, même là-bas, où il était certainement tellement naturel de ne voir que l'obscurité. Si, après ce que vous avez souffert, vous ne faites que louer la grandeur d’Hachem, que devrais-je faire ? Je fais partie d'une génération de petits enfants gâtés comparé à vous. Néanmoins, je suis fier du fait que nous soyons liés.
 
Il y a quelque chose que mon Rav, le Rav Shalom Arush, a dit une fois, et que je n’ai jamais complètement compris, jusqu'à ce que je lise votre lettre. Rav Arush a dit qu'il y a eu une plus grande révélation de la Lumière d’Hachem pendant la Shoah qu’à l'époque du Beit Hamikdach. Maintenant, je comprends que la Lumière rare à laquelle Rav Arush faisait allusion venait de personnes comme vous.
 
Avec un grand respect, tous mes remerciements et mon appréciation,

Dr. Zev Ballen

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